Après avoir observé un sit-in de protestation lundi dernier face au ministère de la Justice, le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) a annoncé une grève nationale d’une journée le
29 mai prochain. Revendiquant la révision de la loi relative à la classification des substances psychotropes, la publication de la liste de ces substances dans le Journal Officiel et la libération des pharmaciens détenus pour leur vente, le syndicat a entamé une série de réunions de travail avec le ministère de la Santé et celui de la Justice en vue de répondre à l’ensemble des revendications des pharmaciens d’officine qui dénoncent un véritable vide juridique pour ce qui concerne leur protection. « Nous sommes actuellement dans l’attente d’une véritable prise en charge de nos revendications. Des réunions de travail ont eu lieu, cela ne peut plus durer, le pharmacien n’est pas du tout protégé par la loi, sans oublier que sa sécurité est en danger au sein de l’officine. Nous avons prévu une série d’actions de protestation et nous irons même jusqu’au boycott des produits psychotropes si le problème persiste », a indiqué Messaoud Belambri, président du Snapo.
Pour rappel, le syndicat a décidé de monter au créneau suite aux jugements prononcés à l’encontre de pharmaciens qui ont vendu des substances psychotropes, ignorant que les ordonnances présentées étaient falsifiées ou établies en complicité avec leurs auteurs.
Sur ce point, le président du syndicat a regretté n’avoir nul autre choix que de se plier à la loi algérienne.
«Pour le moment, nous ne pouvons que suivre la procédure judiciaire. Nous sommes en train de constituer un dossier au mieux sur le plan règlementaire et tenter d’accélérer les recours, il n’y a pas d’autres solutions », a-t-il déploré. Le syndicat a aussi appelé à ne pas poursuivre en justice ni condamner les pharmaciens pour des affaires de vente de produits non classés officiellement en tant que substance psychotrope, conformément aux dispositions de la loi relative à la classification officielle de ces produits pharmaceutiques en vertu des articles 2 et 3 de la loi 18-04 et de l’arrêté ministériel du 9 juillet 2015. Il a aussi demandé de ne pas engager la procédure de comparution immédiate du pharmacien avant l’enquête et cela pour ne pas ternir la réputation de la profession. Il a également insisté sur l’impératif respect des procédures légales de contrôle et de fouille assurées par la loi, lesquelles devraient être soumises à une autorisation légale émanant des autorités officielles et en présence d’un représentant de cette profession.
Pour rappel, le corps des pharmaciens privés recense 11 000 pharmaciens à travers le territoire national, dont deux assassinés ces derniers mois à Oum Bouaghi et Mascara pour avoir refusé de vendre des psychotropes, et d’autres condamnés à des peines de prison en raison de la vente de psychotropes.