Le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui a prêté serment dès jeudi à la suite de sa réélection dimanche, a accusé les Etats-Unis d’avoir orchestré une «conspiration» contre son pays, pour laquelle plusieurs militaires vénézuéliens ont été arrêtés.

Après la prestation de serment devant l’Assemblée constituante, uniquement composée de ses partisans, M. Maduro s’est rendu au ministère de la Défense, où il a reçu de l’armée son soutien le plus crucial, une «réaffirmation de loyauté».
Pendant cette deuxième cérémonie, Nicolas Maduro a annoncé l’arrestation d’un groupe de militaires accusés de «conspiration». Ces soldats, dont on ne connaît ni le rang ni le nombre, auraient mené une conspiration sous les ordres des Etats-Unis et de la Colombie afin que «les élections (de dimanche) soient suspendues», a affirmé le chef de l’Etat.
Selon M. Maduro, les suspects ont avoué «s’être vendus à des traîtres qui, depuis la Colombie, les ont payés en dollars pour qu’ils trahissent l’honneur, la morale et la loyauté de nos forces armées». Si le président de 55 ans, au pouvoir depuis 2013, a prêté serment ce jeudi, il ne commencera son second mandat de six ans que le 10 janvier. «Je jure devant ce pouvoir de l’Assemblée constituante  toute puissante, devant la Constitution (…), devant le peuple du Venezuela, de respecter et faire respecter la Constitution et mener tous les changements révolutionnaires», a déclaré le président.
Nicolas Maduro a prêté serment devant Delcy Rodriguez, présidente de l’Assemblée constituante, qui avait avancé l’élection présidentielle de décembre à mai. Elle a précisé qu’une cérémonie d’investiture aurait lieu à la date prévue initialement, le 10 janvier, pour donner le coup d’envoi du second mandat, qui s’achèvera en 2025. La Constitution prévoit pourtant que le président élu soit investi par le Parlement, unique institution contrôlée par l’opposition. Mais celle-ci est privée depuis quelques mois de l’essentiel de ses prérogatives par la Constituante. «Il faut une rectification en profondeur, il faut refaire les choses en mieux. Nous ne faisons pas bien les choses et nous devons changer ce pays», a reconnu dans son discours le président Maduro. Mais de nombreux experts prédisent une aggravation de la crise sociale et économique du Venezuela, de plus en plus isolé sur la scène diplomatique et menacé d’un embargo pétrolier par les Etats-Unis, qui lui achètent un tiers de son brut. Le pays est déjà classé en défaut de paiement partiel par les agences de notation.