Le ministre de l’Energie a, de nouveau, évoqué la possibilité pour l’Algérie d’aller vers les énergies non-conventionnelles, autrement dit le pétrole et le gaz de schiste. Pour Noureddine Boutarfa, qui se trouvait jeudi dernier au Sommet mondial d’Abu Dhabi sur l’énergie et s’exprimait en particulier sur le dossier du gaz, le « non conventionnel » est non seulement éligible à l’investissement national et étranger dans notre pays, mais il pourrait être une alternative voire un impératif face au déclin annoncé du gaz et un moyen de rester présent sur le marché de l’export. Certaines analyses pourront ajouter aux déclarations de  M. Boutarfa que la consommation domestique étant en phase rageusement exponentielle, il serait, par ailleurs, difficile pour les autorités du pays de ne pas solliciter le potentiel fameux dont dispose le pays en gaz de schiste : 20.000 milliards de m3 ! Pétrole ou gaz de schiste, il est certain que, outre sa conviction personnelle que le fossile a de beaux jours dans notre pays, Noureddine Boutarfa aborde le dossier à Abu Dhabi en ayant de la veine et, disons-le, quelques arguments de poids face auxquels les défenseurs de l’environnement sous nos cieux sont encore à chercher comment se rassembler et discuter… Mais passons. Le premier de ces arguments est de nature économique : en attendant que l’entreprise algérienne crée une industrie susceptible de libérer le pays de la dépendance des hydrocarbures- à moyen et long termes si les scénarios en cours sont réussis- les autorités devront aller chercher dans le sous-sol ce qui permettrait à l’Algérie de rester l’acteur énergétique qu’il est actuellement sur la scène mondiale et à son économie de préserver les performances qu’elle a plus ou moins gagnées depuis des années.
Le second argument est juridique et politique : ceux qui considèrent que le recours au schiste a été trop puissamment rejetée par les habitants des régions à fort potentiel schisteux – In Salah par exemple- et par la société civile, oublient que le chef de l’Etat a tranché sur la question il y a trois ans.Le 21 mai 2014, le président Bouteflika a en effet donné son plein accord à l’exploration et l’exploitation de gaz de schiste. Sa décision, rappelons-le, avait été prise à l’issue d’un Conseil des ministres après lequel il a donné officiellement « son accord pour le lancement des procédures requises en direction des partenaires étrangers » dans ce domaine et en veillant « ce que la prospection, et plus tard l’exploitation des hydrocarbures schisteux soient menées en permanence avec le souci de préserver les ressources hydriques et de protéger l’environnement»….A bon entendeur…