L’espoir de voir les véhicules importés à l’état fini coûter moins chers semble s’évanouir depuis la publication, à la fin de la semaine dernière, du cahier des charges relatif à l’importation des véhicules…

On se rappelle que dès l’annonce du retour à l’importation de véhicules neufs par les concessionnaires, interrogations et autres débats sur les retombées de cette mesure sur les prix des voitures ont été vite lancés. Accueillant cette mesure comme une solution, du moins partielle, à la pénurie qui frappe le marché de l’automobile, les Algériens n’avaient pas manqué, à l’occasion, d’afficher leur espoir de voir les véhicules importés à l’état fini leur coûter moins chers que ceux qui leur ont été proposés ces dernières années par les usines locales spécialisées dans l’assemblage des kits SKD-CKD.
Sauf que cet espoir est en train de s’évanouir depuis la publication, à la fin de la semaine dernière, du cahier des charges relatif à l’importation des véhicules donnant à découvrir dans les détails les critères retenus en matière d’équipements. Sur ce registre, les pouvoirs publics ont placé la barre « très haut », constatent les spécialistes du marché automobile, non sans prévenir sur l’impact « inévitable » sur les prix des voitures touristiques.
Autrement dit, chaque équipement a un prix qui se répercutera sur la facture d’achat livrée au client. Ceci se ressentira dès la cylindrée 1 200 cc dépassée, c’est-à-dire celle qui dote les véhicules les plus achetés en Algérie, représentés notamment par les berlines à coffre ou encore à cinq portes. En effet, pour les véhicules allant de 1 200 cc à 1 600 cc de cylindrée, le nouveau texte impose aux concessionnaires de les importer dotés d’airbags latéraux et de système de contrôle de stabilité ESC/ESP qui viendront s’ajouter à la liste standard des dotations, c’est-à-dire celle appliquée à l’ensemble des véhicules, quelle que soit la cylindrée. Celle-ci comprend le freinage avec ABS, les airbags frontaux, la ceinture de sécurité pour tous les passagers et des points d’ancrage conformes aux dispositions réglementaires et répondant aux normes applicables concernant les essais de choc, l’appui-tête pour les sièges avant et arrière, le système de retenue de siège pour enfant (Isofix), le dispositifs de dégivrage et de désembuage du pare-brise et de la lunette arrière et aussi le système de rappel de bouclage de la ceinture de sécurité conducteur et passager avant.
Mais pour certains concessionnaires que nous avons contactés, ce ne sont pas forcément les équipements supplémentaires exigés qui vont faire grimper les prix. Ce sont surtout les exigences auxquelles ils vont faire face pour renouer avec leur activité. « Ces exigences sont trop lourdes », s’accordent-ils à dire à l’unanimité, précisant qu’elles ont, elles aussi, « un prix fort qui risque de dissuader plusieurs opérateurs qui souhaitaient se relancer dans l’importation et la commercialisation des véhicules finis ». A ce propos, l’un de nos interlocuteurs évoque l’exemple des infrastructures qui sont désormais exigées pour l’activité de concessionnaire. « Les surfaces mentionnées dans le cahier des charges sont disproportionnées par rapport à notre activité et en plus, on nous exige d’être propriétaires des infrastructures ainsi que des entrepôts sous douanes », regrette-il avant de nous lancer : « Comment voulez-vous alors que les prix soient raisonnables ? » présageant les difficultés qu’aura le citoyen à acquérir un véhicule une fois que les showrooms seront ouverts.
D’autres contraintes sont évoquées par les professionnels du secteur pour anticiper le relèvement des prix des véhicules particuliers importés par les concessionnaires. Ces derniers ne manquent pas, non plus de remettre en cause plusieurs mesures qui réduisent « sensiblement » leur intervention, disent-ils, citant, en premier lieu, celle qui limite à deux marques seulement la représentation, ou celle qui donne droit à une unique licence. n