Dans la perspective d’introduction de véhicules électriques dans le parc automobile national, l’Entreprise publique de distribution des produits pétroliers (Naftal) prévoit d’installer une centaine de bornes de rechargement pour ce type de voitures d’ici la fin de l’année en cours, a indiqué le premier conseiller du PDG de Naftal, Adel Bentoumi.

Par Feriel Nourine
En ce sens, au moins une station-service dans chacune des 58 wilayas sera équipée d’une borne de rechargement électrique, en plus des stations autoroutières (autoroute Est-Ouest), au nombre de 32, avec un nombre plus élevé dans les wilayas où le parc automobile est plus important, a expliqué M. Bentoumi à l’APS. La première borne a été déjà installée à Chéraga (ouest d’Alger) et servira de projet pilote dans l’opération initiée par Naftal. Elle a été produite en Algérie par le groupe privé Amimer Energie, connu pour être l’un des leaders locaux dans la fabrication de kits GPL. Son taux d’intégration est de 70% et pourra atteindre 100% dans un stade d’industrialisation, a expliqué son fabricant, soulignant que cinq bornes adaptées aux différents besoins du marché, allant de l’utilisation domestique à l’utilisation en zone urbaine mais aussi sur les zones autoroutières, avec des temps de charge qui varient selon l’application, ont été réalisées jusqu’à présent, et que les résultats des tests sur des simulateurs de véhicules ont été « satisfaisants », précise un communiqué de Amimer Energie. Dans le cas de la borne de Chéraga, le rechargement complet de la batterie s’effectue en 1 heure et 5 minutes pour un véhicule dont l’autonomie est de 400 km, a précisé M. Bentoumi. Il a ajouté que Naftal a lancé une pré-qualification pour établir une short-liste des éventuels partenaires et attend un retour de la part des candidats intéressés, précisant que l’entreprise aura besoin de plusieurs fournisseurs pour bâtir son réseau. De son côté, le président du Secrétariat des comités en charges des activités de construction et des concessionnaires de véhicules neufs, Mohamed Djebili, n’a pas écarté la possibilité que le ministère de tutelle inclut la fabrication des bornes de rechargement électrique dans le régime préférentiel exonérant les opérateurs qui se lanceront dans cette activité des droits et taxes, une fois les véhicules électriques vulgarisés et la demande sur les bornes de rechargement plus importante. Il reste toutefois que les bornes électriques ne pourront suffire à convaincre le citoyen d’opter pour le véhicule électrique, dont le rôle dans l’assainissement environnemental et la lutte contre la pollution ne sont plus à démontrer.
Les prix des véhicules par rapport aux véhicules thermiques, la crainte de l’absence de pièces de rechange, mais aussi l’inconnue à plusieurs équations que peut représenter ce type de produit, et bien d’autres paramètres technologiques et culturels vont sans doute peser grandement dans la politique des pouvoirs publics à convaincre le citoyen. C’est pourquoi, ce sera sans doute aux administrations publiques et autres entreprises de s’impliquer en premier pour conduire les particuliers vers l’option véhicule électrique. Pour rappel, le décret venu amender, en mai dernier, le cahier des charges relatif à l’importation de véhicules neufs, ouvre la voie au véhicule électrique, en imposant son importation au concessionnaire. « Le concessionnaire est tenu de répondre à toute demande d’acquisition d’un véhicule électrique à hauteur de 15% de ses importations globales annuelles ». Autrement dit, le concessionnaire intégrera ce quota de véhicules électriques dans ses prévisions d’importations, sans être obligé de les écouler dans le marché. Les commandes devraient, dans ce cas, provenir des administrations et entreprises publiques, chargées du rôle de locomotive. n