Les marchés des véhicules d’occasion sont désormais autorisés à rouvrir, à la faveur des nouvelles mesures d’allègement décidées dimanche par le gouvernement, dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire de Covid-19.

Ils ouvriront toutefois une fois tous les 15 jours et non au rythme hebdomadaire qui leur était connu depuis toujours, avant leur fermeture en mars dernier, à l’arrivée de la pandémie.
Pour rappel, ces espaces avaient été rouverts une première fois en août dernier, suite à la première opération d’envergure visant à assouplir les mesures de prévention anti-coronavirus. Mais ils ont dû refermer une nouvelle fois en novembre dernier, suite à la montée en puissance de l’épidémie, conduisant à réinstaurer le premier plan interdisant plusieurs activités dont les marchés de voitures d’occasion.
Une fermeture lourdement ressentie par les nombreux intervenants dans cette activité, notamment ceux qui ont en fait leur source de revenu et leur gagne-pain. Ces derniers sont, depuis, des mois, livrés au chômage et dans l’attente désespérée de renouer avec leur commerce.
Fin de l’attente donc pour les commerçants du véhicule d’occasion, et retour d’espoir pour une sortie de crise financière qui n’aura que trop duré pour eux.
Ce sera le cas aussi pour des Assemblée populaires communales (APC) qui s’étaient habituées, depuis des décennies, à compter sur les recettes engrangées via ce créneau pour soigner leur santé financière, voire carrément pour se maintenir en vie financièrement pour certaines d’entre-elles. Autrement dit, le retour des marchés de l’occasion va permettre de renouer avec des rentrées d’argent plus que jamais vitales pour ces APC fortement secouées, elles aussi, par l’impact de la crise sanitaire.
Cependant, aussi bien les gestionnaires des marchés des véhicules d’occasion que les acheteurs-revendeurs habitués aux lieux ne s’attendent sans doute pas à retrouver l’ambiance qui prévalait dans ces espaces dédiés avant leur fermeture. Laquelle se fera certainement loin des rushs des grands jours où il fallait passer la nuit à proximité du marché pour s’assurer de trouver une place pour son véhicule à vendre.
Le retour de ce type de marché annonce, en effet, des journées plutôt timides en matière d’affluence, aussi bien du côté des vendeurs que des clients. Et, bien plus que dans la situation sanitaire et les risques toujours encourus dans ce type d’endroits, c’est surtout dans la configuration actuelle du marché de l’automobile en Algérie qu’il faudra aller chercher les signes annonciateurs d’un marché qui ne sera pas comme il l’était.
Avec un marché du neuf qui n’existe plus depuis plus d’une année, vendre son véhicule d’usage a fini par se transformer en exercice commercial qui induit systématiquement le risque de ne pas trouver de produit de rechange, et donc de rester sans voiture. Autrement dit, dans l’état actuel des choses, autant garder sa voiture et rester chez soi que d’aller tenter une vente qui ne sera pas relayée par une nouvelle acquisition, quand bien même cette vente pourrait être fructueuse financièrement en cette période où les voitures d’occasion flambent dans une logique commerciale propre à un pays où les citoyens sont privés de véhicules neufs, avec, en sus, un ministre de l’Industrie qui n’hésite pas à leur dénier le droit d’y prétendre.
Ce sont, en effet, les prix proposés sur les véhicules usages exposés à la vente par ligne, ou de bouche à oreille qui feront le plus de bruit dans les quinzaines à venir sur les marchés où ils seront exposés. De quoi faire tempérer d’ores et déjà les ardeurs chez de nombreux acheteurs potentiels, notamment ceux qui refusent de payer un véhicule d’occasion avec des marges atteignant actuellement jusqu’à 60%, alors que d’autres modèles plus récents se vendent carrément bien au-dessus de leurs prix d’achat dans les showrooms, il y a quelques mois.
Une tendance dont le sens visiblement pas près de s’inverser de sitôt, puisque l’importation des véhicules neufs devra attendre encore quelques mois pour se manifester par du papable au niveau des showrooms. Le processus mis en place pour la reprise de cette activité n’étant qu’à son amorce, avec une petite liste de sept agréments provisoires octroyés à des opérateurs, l’arrivée des premiers véhicules d’outre-mer ne se fera qu’après le franchissement de plusieurs étapes par ces opérateurs, et dont celle en cours consiste à décrocher l’agrément définitif ouvrant droit à l’autorisation d’importation. Des étapes qui dureront, dans le plus court des délais, près de six mois, font remarquer les professionnels.
Entre-temps, le marché de l’occasion continuera certainement à flamber, comme le laissait prévoir la semaine dernière le président de l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), Mustapha Zebdi, faisant remarquer que la hausse a été entamée durant le second semestre 2020, et que « les prix ne vont se stabiliser ou régresser que s’il y a des produits alternatifs ».
Ce qui risque de ne pas suffire, cependant, sachant que les prix des véhicules neufs qui vont être importés introduiront des taxes supplémentaires, dont l’impact se vérifiera sur la facture finale que payera le client.
A ces paramètres qui annoncent un retour en demi-teinte des marchés des véhicules d’occasion, il faudra compter aussi avec cette migration des transactions en la matière opérée en direction de la toile. Laquelle a remplacé, en bonne partie, les espaces conventionnel et se fait une place dans les nouvelles mœurs commerciales des Algériens. A l’instar de nombreux autres secteurs et branches qui y trouvent leur compte depuis que la covid-19 s’est mise à réduire les déplacements, les rassemblements et les contacts.