Par Sihem Bounabi
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, hier, qu’une augmentation du nombre des décès en lien avec la variole du singe est à prévoir, selon les estimations du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, après l’annonce des premiers décès hors d’Afrique.
Deux décès de personnes atteintes de la variole du singe ont été annoncés depuis vendredi par l’Espagne et un autre par le Brésil. Ces trois cas portent à huit le nombre de décès enregistrés dans le monde depuis mai, les cinq premiers ayant été signalés en Afrique. «Compte tenu de la poursuite de la propagation de la variole du singe en Europe, nous nous attendons à plus de décès», a ainsi estimé dans un communiqué Catherine Smallwood, une responsable des situations d’urgence de l’OMS Europe.
L’OMS souligne toutefois que dans la plupart des cas, la maladie se guérit d’elle-même, sans nécessiter de traitement et que les complications sévères restent rares. La responsable de l’OMS tient à souligner que l’objectif est «d’interrompre rapidement la transmission du virus en Europe et mettre un coup d’arrêt à cette épidémie».
Il est à noter que les autorités brésiliennes ont souligné que l’homme décédé souffrait «d’autres comorbidités graves». En effet, le secrétariat d’Etat à la Santé de l’Etat du Minas Gerais au Brésil a précisé, dans un communiqué, que le patient porteur du virus de la variole du singe décédé été «suivi à l’hôpital pour d’autres affections cliniques graves». Ajoutant : «Il est important de souligner qu’il avait des comorbidités graves, pour ne pas susciter de panique dans la population. La mortalité liée à cette maladie demeure très basse».
Pour les deux décès enregistrés en Espagne, le ministère espagnol de la Santé a souligné qu’il s’agissait de «deux hommes jeunes atteints de la variole du singe» et que «des études étaient en cours pour avoir plus d‘informations épidémiologiques sur ces deux cas». Avec 4 298 cas recensés, l’Espagne est l’un des pays comptant le plus de cas dans le monde.
Dans un contexte de saison estivale marqué par l’augmentation de la circulation des voyageurs par voies maritime et aérienne, les risques de propagation du virus de la variole du singe en Algérie risque d’augmenter, même si, à l’heure actuelle, l’Institut Pasteur d’Alger affirme qu’aucun cas de contaminations au virus de la variole du singe n’a été détecté sur le territoire national.
De son côté, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid avait affirmé, dès le début de la propagation de l’épidémie de la variole du singe dans plusieurs pays à travers le monde, que le ministère et les services spécialisés en maladies contagieuses étaient mobilisés pour assurer la protection sanitaire des citoyens en cas d’apparition de la variole du singe en Algérie. Il a également déclaré que «le ministère a pris les dispositions nécessaires, à travers l’installation d’une cellule de suivi de la situation à travers le monde», tout en soulignant «l’éventualité de recourir à la vaccination en cas d’apparition de la maladie en Algérie».
Il est à noter que les premiers symptômes sont une forte fièvre, des ganglions lymphatiques gonflés et une éruption cutanée semblable à celle de la varicelle.
Le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a expliqué, lors d’un point de presse, mercredi dernier à Genève, pour faire le point sur la situation que «le meilleur moyen de se protéger est de réduire le risque de se retrouver exposé à la maladie».
Le contact peau à peau direct, les fluides et les lésions corporels, mais aussi les draps ou vêtements infectés par le virus de la variole du singe sont des vecteurs de transmission de la maladie.
L’OMS a également conseillé au groupe le plus touché par la maladie, des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, relativement jeunes, et vivant essentiellement en ville, de réduire le nombre de partenaires sexuels. Toutefois il a été précisé que la variole du singe n’est pas en l’état actuel des connaissances considérée comme une maladie sexuellement transmissible et tout le monde peut la contracter.
Pour rappel, le 24 juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclenché le plus haut niveau d’alerte, l’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), pour renforcer la lutte contre la variole du singe, aussi appelée orthopoxvirose simienne.
Selon l’OMS, plus de 18 000 cas ont été détectés dans le monde depuis le début mai en dehors des zones endémiques en Afrique et environ 10% des cas nécessitent une admission à l’hôpital pour tenter d’atténuer la douleur que connaissent les patients. La maladie a été signalée dans 78 pays et 70% des cas sont concentrés en Europe et 25% dans les Amériques.
L’OMS souligne également qu’il n’y a pas de vaccins pour tout le monde et recommande donc de donner la priorité à ceux qui sont le plus à risque, les malades et ceux qui les soignent ou font de la recherche. n