Interrogé sur la maladie de la variole du singe, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a fait savoir, hier, qu’aucun cas n’avait été enregistré en Algérie. Les autorités de santé restent néanmoins «vigilantes» et mobilisées pour assurer la protection sanitaire des citoyens en cas d’apparition de la variole du singe en Algérie.

Par Nadir Kadi
D’ailleurs, l’Agence nationale de sécurité sanitaire avait indiqué, dès mercredi dernier, qu’un comité ad hoc était en place «chargé du suivi de l’évolution de l’épidémie relative à la variole du singe et ce, dans le cadre de ses missions d’observation, de veille et d’alerte». Le ministre de la Santé a précisé hier qu’«actuellement, nous n’avons aucun cas enregistré en Algérie (…) Certaines personnes, notamment à Oran, ont eu peur et se sont rendues au niveau des hôpitaux suite à une éruption de boutons. Mais il s’est avéré que ce n’était pas des cas de variole du singe». Abderrahmane Benbouzid se veut également rassurant quant à la gravité de cette maladie : «Je tiens à dire que cela n’a rien à voir avec la Covid. La Covid est un virus à ARN à forte propagation alors que la variole du singe est un virus ADN qui se transmet peu et est peu dangereux.»
Le ministre estime qu’aucune «mesure» particulière ne doit être prise en l’état actuel des choses, mais n’écarte pas cette possibilité en cas de progression de la maladie. Il précise dans cette même logique que son secteur suit l’ensemble des rapports et études concernant la variole du singe. Une maladie jusque-là «inconnue» en dehors de certaines régions d’Afrique : «Mercredi dernier, le conseil scientifique du ministère a passé en revue les avis des experts concernant cette maladie. Il y a une cellule au niveau du ministère qui s’occupe de la question (…) Nous prenons les mesures nécessaires.» Quant aux risques de transmission, ils passeraient, selon le ministre, par «les gouttelettes de salive dans l’air». Le même responsable informe que la durée entre la contamination et les symptômes «varie entre 5 et 20 jours. Et la maladie en elle-même peut durer 15 jours». Il ajoute par ailleurs «à ce jour, il n’y a pas de traitement connu». Toutefois les personnes vaccinées contre la variole seraient largement couvertes, «le vaccin contre la variole, disparue dans les années 1980, est aussi efficace contre la variole du singe à près de 80%».
Quant à la gravité, et la létalité de la maladie, elle serait également limitée, selon les propos du ministre. Abderrahmane Benbouzid ne souhaitant visiblement pas reproduire les mêmes erreurs d’appréciation que celles commises par des «experts» lors des premières semaines de la crise de Covid, explique en ce sens que le taux de létalité de la variole du singe serait d’environs «de 1% à 10% (…) mais souvent, il s’agit de personnes déjà porteuses de maladies chroniques graves (…) En fait, nous nous posions la même question au sujet des morts du Covid que nous avons enregistrés : sont-ils morts à cause du Covid ou avec le Covid ?» En ce sens, la variole du singe, qui concernerait pour le moment 200 cas dans le monde, un chiffre pour le moment extrêmement «marginal» au regard de la population du globe, la principale source de préoccupation réside toutefois dans l’apparition de l’infection dans des zones «nouvelles» et chez des personnes sans antécédents connus voyageant dans des régions connues pour un risque de transmission. Ainsi les déclarations des «experts» de l’OMS apparaissent une nouvelle fois extrêmement contradictoire et confuses, l’agence onusienne avouant son ignorance quant à la réalité et la représentativité des 200 cas recensés jusque-là : «Nous ne savons pas si nous ne voyons que le sommet de l’iceberg», note, selon l’APS, la directrice du département de préparation mondiale aux risques infectieux, Mme Sylvie Briand. La même responsable estimant plus loin : «Nous en sommes pour l’instant au tout début de cet événement (…) Nous savons que nous aurons plus de cas dans les jours à venir», mais «ce n’est pas une maladie dont le grand public devrait s’inquiéter. Ce n’est pas la Covid ou d’autres maladies qui se répandent rapidement». n