Synthèse de Feriel Nourine
La reprise économique mondiale risque d’attendre encore un bon moment pour atteindre sa vitesse de croisière. Face à la pandémie de la Covid-19, dont la propagation s’accélère sous escorte de nouveaux variants et le faible taux de vaccination dans de nombreux pays de la planète, il y a même un risque de ralentissement, alertent les ministres du G20.
«La reprise reste exposée à des risques baissiers, en particulier, la propagation de nouveaux variants de la Covid-19 et les différents rythmes de vaccination» dans le monde, a prévenu samedi le G20, dans son communiqué ayant sanctionné la réunion de ses ministres à Venise. Notant que la situation économique mondiale «s’est améliorée essentiellement grâce à la montée en puissance de la vaccination», le G20 rappelle que la page de la crise n’est, cependant, pas encore tournée, sachant que le très contagieux variant Delta du coronavirus continue de contrecarrer la reprise des activités dans le monde entier. Il provoque des flambées épidémiques en Asie et en Afrique et fait remonter le nombre de cas en Europe et aux Etats-Unis.
«Nous avons de très bonnes prévisions économiques pour l’ensemble des pays du G20», et «la seule chose qui pourrait menacer un rebond solide et rapide de l’économie est le variant et une nouvelle vague de la pandémie», a insisté le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire. «Nous devons améliorer la vaccination, partout dans le monde», a-t-il ajouté. En attendant, de nombreux pays, comme l’Espagne, les Pays-Bas ou la Thaïlande, ont tout de même décidé de réintroduire des restrictions sanitaires. En France, Emmanuel Macron pourrait en annoncer aujourd’hui.
Les dirigeants du G20 ont d’ailleurs appelé à accélérer la vaccination partout dans le monde, s’engageant à faire davantage pour soutenir en ce sens les pays en développement. Alors que 70% de la population est vaccinée dans certains pays développés, ce chiffre est de moins de 1% pour les pays à bas revenu, a pointé le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. «La divergence entre les économies s’intensifie» et «le monde fait face à une reprise à deux vitesses», entre les pays riches ayant accès aux vaccins, et les autres, qu’une nouvelle vague menace, a prévenu, de son côté, la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, dans un communiqué à l’issue de la réunion de Venise.
Les craintes sanitaires ont également gagné les marchés boursiers, la semaine dernière, au moment où un compte-rendu de la dernière réunion de la Banque centrale américaine faisait état de discussions sur un resserrement de son soutien monétaire à l’économie. A cela s’ajoutent des signes d’essoufflement de la reprise en Chine.
Pourtant, à ce stade, les prévisions des grandes institutions restent optimistes, et les grands argentiers ont réitéré, samedi, dans leur communiqué leur intention de «continuer à soutenir la reprise, en évitant d’abandonner de manière prématurée les mesures de soutien» à l’économie. Les ministres des Finances et gouverneurs des Banques centrales s’engagent aussi à «préserver la stabilité financière et la viabilité budgétaire à long terme», faisant allusion aux mesures de relance qui ont plombé les finances publiques. Depuis le début de la pandémie de la Covid-19, les pays du G20 ont déboursé environ 16 000 milliards de dollars pour relancer leurs économies, selon le Fonds monétaire international. Mais la reprise est «marquée par de grandes disparités entre les pays» avancés et ceux en développement, notamment en raison des rythmes différents des vaccinations, ont encore noté les ministres, avant de réaffirmer leur «détermination à utiliser tous les outils politiques disponibles aussi longtemps que nécessaire pour faire face aux conséquences négatives de la Covid-19, en particulier sur les personnes les plus touchées, comme les femmes, les jeunes et les travailleurs informels et peu qualifiés. n