Dans la majorité des régions du pays, les mesures de prévention contre le Coronavirus ne sont pas seulement inappliquées, mais semblent faire partie du passé. Ce n’est même pas une sensation, mais un constat établi depuis quelques semaines déjà.
Même les chiffres quotidiens du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, qui faisaient tant frémir les familles algériennes, «passent» inaperçus. Ceux d’hier donnaient 132 nouveaux cas enregistrés, 122 guérisons et 4 décès. A ce rythme, le nombre de patients rétablis ne va pas tarder à dépasser celui des contaminés, ce qui sera une première depuis le début de la pandémie.
Néanmoins, la Covid-19 reste toujours d’actualité. La pandémie est d’autant présente que, cette fois, le danger émane surtout d’un variant, le britannique. Baisser la garde, comme tout le monde est en train de le constater actuellement, est loin d’être une «action» rassurante.
L’avertissement du président de la société algérienne d’immunologie, le Pr Kamel Djenouhat, lors de son intervention, hier, sur les ondes de la radio Chaîne III, est important à mentionner. En rappelant que la deuxième vague de la Covid-19 avait été enregistrée lorsque le nombre des contaminés était à 138, le spécialiste a mis en avant l’importance des mesures de prévention pour ne pas permettre la propagation du variant britannique.
Pour le moment, la situation en Algérie semble bien maîtrisée. Officiellement, deux cas uniquement atteints par le variant britannique ont été enregistrés. Toutefois, l’avenir ne semble pas se présenter sous les meilleurs auspices. L’intervention, hier sur Echourouk TV, d’un autre spécialiste, donne un aperçu sur les dangers. Fawzi Derrar, directeur de l’Institut Pasteur d’Alger (IPA), tout en indiquant que «le variant britannique est 50% à 60% plus contagieux, comparé au virus classique», n’a pas omis d’ajouter que le nombre de personnes atteintes augmentera. «Nous nous attendons à d’autres cas», a-t-il affirmé, avant d’être encore plus alarmant en précisant que le variant britannique deviendra le virus dominant dans les mois à venir. Rien n’est encore joué.