L’actualité de l’or noir souffle le chaud et le froid. Ce qui fait frémir, ce sont les dernières déclarations du ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, qui, lors de son audition par la Commission des finances et du budget de l’APN, ne donnait nullement l’impression d’être optimiste pour l’avenir, surtout le plus proche. Chiffres à l’appui, il a dressé un tableau bien noir sur les «indicateurs». Pour ceux qui se voilaient la face, peu nombreux certes, et cela malgré la conjoncture, les propos du ministre ne pouvaient que les faire sortir de leur torpeur. Comment ne pas s’inquiéter quand les prévisions pour cette fin d’année annoncent une baisse de 8% (par rapport à 2019, qui était déjà très faible) de la production nationale d’hydrocarbures.
Par contre, ce qui devrait être perçu comme une bonne nouvelle, c’est l’entente affichée par l’Arabie Saoudite, chef de file de l’Opep, et la Russie, leader des alliés de l’organisation. Deux pays au poids prépondérant sur le marché mondial du pétrole et dont les sautes d’humeur ont de tout temps fait trembler les tendances boursières. Une «lune de miel» d’autant plus importante qu’elle est de bon augure, avant la tenue de la 13e conférence ministérielle de l’Opep+, dont les décisions sont très attendues pour confirmer les derniers accords.
Toutefois, d’autres paramètres encore plus importants sont épiés avec anxiété par tous les protagonistes des marchés pétroliers. L’un d’eux est le résultat du vote du Congrès américain, prévu ce lundi matin et qui concerne le plan d’aide (de 900 milliards de dollars) aux ménages américains. Très attendu, son «lancement» sera perçu comme un bon signe pour le «réveil» des marchés boursiers. Un rebond de la consommation américaine sera effectivement considéré comme un catalyseur pour l’économie locale et internationale, ce qui ne pourra qu’augmenter la demande en pétrole. Cependant, les échos espérés des Etats-Unis ne seront qu’un feu de paille si deux autres paramètres ne sont pas au rendez-vous. Le premier est l’impact des campagnes de vaccinations anti-Covid, qui ont déjà débuté dans certains pays, et dont les résultats (et la perception) détermineront, sans aucun doute, les tendances économiques mondiales. Le second paramètre dépend des mesures que prendra l’administration du nouveau Président américain, Joe Biden, qui sera officiellement aux commandes le 20 janvier prochain. L’équation pétrolière est ainsi, à plusieurs inconnues, et des résultats loin d’être assurés ni rassurants.