PAR NAZIM B.
Au moment où le projet de refonte des subventions publiques continue de susciter diverses réactions parmi les acteurs politiques et les opérateurs économiques, en dépit du «report prolongé» de l’installation de la commission nationale qui sera chargée du projet, la voix des retraités, Osra, est montée une nouvelle fois au créneau, pour crier son mécontentement et dénoncer ce qu’elle considère comme «une revalorisation dérisoire» des pensions. L’Organisation syndicale des retraités algériens (Osra) vient de pointer, à l’issue de la dernière réunion de son conseil national tenue avant-hier, «l’inefficacité» de la mesure et son incidence quasi nulle sur le pouvoir d’achat des retraités, dont les pensions «ne permettent pas une vie décente». «… Après avoir constaté l’inefficacité de cette dernière mesure prise pour amortir la chute et la dégradation du pouvoir d’achat de larges couches de la société et après avoir constaté son caractère et impact futiles et dérisoires», Osra tient à «dénoncer celle-ci qui ne couvre nullement ni l’inflation de l’année 2021-2022 et encore moins l’amortissement de la chute vertigineuse du pouvoir d’achat des retraités», peut-on lire dans la déclaration de la représentation syndicale. Cette dernière a estimé aussi que l’application de la revalorisation en question et sa période de calcul «sont censées s’étaler sur deux ans alors qu’elle ne couvre en réalité qu’une année et 8 mois», ce qui est «anormal et ne correspond ni à l’esprit ni à la lettre de la loi de 1999 qui fixe une revalorisation des pensions de retraites de mai 2021 à avril 2022 et une autre de mai 2022 à avril 2023».
Considérant cette revalorisation «dérisoire» car ne répondant à «aucun critère», vu l’inflation observée cette année, Osra rappelle que les seules revalorisations acceptables qu’ont connues les retraités ont eu lieu avant 2013, soit pendant les années marquées par l’embellie financière liée au boum pétrolier. Osra appelle dès lors le conseil d’administration de la Caisse nationale de retraite (CNR) à «revoir sa politique et ses prévisions concernant la revalorisation pour cette année qui n’a toujours pas été communiquée alors qu’on est en juin 2022, s’interrogeant s’il n’y aurait pas «volonté d’outrepasser et violer la loi de 1999». Insistant à prendre à témoin l’opinion publique sur le «mépris manifeste affiché par les responsables qui ont à charge et la gestion de ce dossier», les membres de l’Osra avec tous ses démembrements appellent avec «force et insistance le Président de la République afin d’instruire qui de droit pour corriger cette dérive et rétablir les principaux concernés dans leur droit». A rappeler qu’environ un million et demi de retraités ont bénéficié au cours du mois de mai dernier d’une augmentation de 10% de leur pension de retraite. Cette catégorie représente les retraités dont l’allocation est inférieure à 15 000 dinars. La deuxième catégorie est celle ayant perçu une hausse de 5% et dont la pension se situe entre 15 000 et 20 000 DA. Vient ensuite la hausse de 3% décidée pour les pensions comprises entre 20 000 et 43 000 DA et, enfin, une augmentation de 2% pour les pensions de plus de 43 000. L’Algérie compte un total estimé à plus de 3 millions de retraités affiliés à la CNR qui sont concernés par une revalorisation de leur pension à des degrés divers.
Sur un autre registre, Osra a exprimé sa colère envers le ministère du Travail, qui «a refusé de répondre au recours déposé par notre syndicat» et de «nous délivrer notre récépissé et notre agrément de conformité», jugeant qu’il n’y a «aucune raison légale valable» pour que le ministère ne réponde pas favorablement à la demande d’agrément de l’Osra. n