Le démantèlement se fera progressivement sur une durée de cinq ans pour 90% des tarifs douaniers dans le cadre des échanges interafricains, alors que la suppression de 7% des autres tarifs se fera sur une période de 10 ans. Les 3% restants, relatifs aux produits sensibles, ne seront pas soumis aux objectifs de démantèlement des barrières douanières.

Par INES DALI
C’est cette formule, suggérée par l’Algérie, qui a été retenue lors de la 9e réunion du Conseil des ministres chargés du Commerce dans la Zone de libre-échange continentale africaine, ayant eu lieu, lundi, à Accra, au Ghana. De ce fait, l’Algérie doit se préparer dès maintenant à la suppression des barrières tarifaires, prévue par les statuts de la ZLECAF, en renforçant son tissu productif, améliorant l’offre exportable et renforçant la compétitivité de l’industrie et autres secteurs.
L’Algérie doit ainsi tirer tous les enseignements de ses précédentes expériences, à savoir de son adhésion à la zone arabe de libre-échange et de la mise en œuvre de l’accord d’association avec l’Union européenne, lesquelles se sont traduites, faut-il le rappeler, par un déséquilibre flagrant des échanges au profit des partenaires étrangers. Cette validation de la formule algérienne, intervenue avant-hier lundi, à Accra (Ghana), ne s’est pas faite pour l’ensemble des offres proposées par l’Algérie, mais pour une partie seulement. C’est ce qu’a indiqué le ministère du Commerce lorsqu’il a précisé que «29 offres seulement ont été acceptées sur un total de 46 offres déposées auprès du Secrétariat de la Zlecaf, en vue de s’assurer de leur conformité aux mesures et aux modes convenus », soit à peine un peu plus de la moitié des offres a été retenue. Dans le détail, l’Algérie a obtenu pour ses échanges commerciaux interafricains «un démantèlement tarifaire progressif sur une durée de 5 années pour 90% des tarifs douaniers, et pour une durée de 10 ans pour 7% des tarifs douaniers», selon le ministère du Commerce. Quant au taux des 3% restants, il demeure «non concerné par le démantèlement tarifaire et sont connus principalement pour être des produits très sensibles, qui sont déterminés par chaque pays», a-t-on encore précisé. Le document publié concernant l’Algérie constitue, selon le communiqué du ministère, «un outil principal pour le lancement effectif des échanges commerciaux inter-africains».
Les produits algériens doivent faire leur preuve sur le terrain en étant compétitifs et aux normes convenues, à en juger par le nombre des offres retenues. C’est dire que placer ses produits sur le marché africain n’est pas chose aisée, contrairement aux idées reçues laissant croire que l’Afrique est un terrain en jachère et acquis d’avance à l’Algérie. Malgré tout le potentiel que recèle le continent africain, la concurrence n’est pas en reste. De nombreux pays des cinq continents y sont présents et entretiennent des relations commerciales et économiques avec les pays d’Afrique depuis plusieurs années. Il s’agit maintenant pour l’Algérie de rendre ses produits compétitifs non seulement par rapport aux produits africains, mais aussi par rapport à tous les autres produits étrangers qui y sont commercialisés. Le vrai travail commence maintenant pour l’Algérie afin d’être prête à l’échéance des 5 années dont elle dispose pour le démantèlement tarifaire avec les autres pays africains dans le cadre de la Zlecaf, selon les observateurs. En fait, estiment-ils, l’Algérie doit d’ores et déjà avancer ses pions pour l’installation de comptoirs dans les pays africains pour faciliter les opérations commerciales. A noter que le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a assisté aux travaux de la 9e réunion du Conseil des ministres du Commerce de la Zlecaf tenus lundi et mardi dans la capitale ghanéenne. Cette réunion a été consacrée à «l’examen et l’adoption des recommandations et des résolutions issues de la 11e réunion du Comité des hauts fonctionnaires chargés du commerce de la Zlecaf, tenue durant la période allant du 20 au 23 juillet, ayant trait au commerce des marchandises et des services, à l’investissement et aux droits de la propriété intellectuelle». Le Conseil ministériel a, en outre, donné «les directives politiques nécessaires aux négociateurs pour la finalisation des questions en suspens, notamment le lancement des échanges commerciaux dans le cadre de cette zone», a indiqué le ministère du Commerce. Il a, également, procédé à l’examen des «rapports de la commission des litiges et la commission des directeurs généraux des douanes, outre la promulgation des résolutions nécessaires pertinentes», selon la même source. n