Les températures caniculaires qui sévissent ces derniers jours dans de nombreuses régions du pays ont eu pour conséquence une hausse record du niveau de consommation de l’électricité. Sonelgaz est désormais mis en demeure quant à la nécessité de redoubler d’efforts en matière d’investissement pour répondre à une consommation croissante et éviter, par la même, le recours au délestage pour pouvoir alimenter l’ensemble du pays en énergie électrique.

Par Feriel Nourine
Revoilà les pics de consommation d’électricité ! Comme chaque année en pareille période de grandes chaleurs, le recours à l’électricité pour faire fonctionner les systèmes de climatisation et autres appareils de froid s’accroît systématiquement et fait monter les compteurs à leur plus haut. Lundi, à 14 h30, cette tendance fortement haussière a porté la consommation à son record historique par rapport à celui enregistré le 12 juillet 2020, a fait savoir la Société nationale de l’électricité et du gaz (Sonelgaz), chiffrant ce pic à 16 065 mégawatts (MW), contre 14 714 MW consommés à la même date de l’année dernière, soit une augmentation de 9,2%.
L’explosion de la demande d’électricité a été provoquée par la vague de chaleur exceptionnelle qui touche l’ensemble du pays depuis quelques jours, explique le distributeur national d’énergie électrique.
En effet, depuis l’entame du mois de juillet, la canicule s’est emparée de plusieurs wilayas, à l’est et au sud du pays notamment, où les températures frôlent parfois les 50°Celsius à l’ombre, donnant lieu à une série ininterrompue de BMS émis par l’office national de la météorologie.
En moyenne, les températures enregistrées sont supérieures de 9°C par rapport aux normales saisonnières. Quant à la température moyenne du 12 juillet courant, jour du pic de la consommation signalé par Sonelgaz, elle a affiché 39°C, soit 7°C de plus par rapport à la journée du 12 juillet 2020, et dont le pic enregistré était cependant inférieur à celui affiché en 2019, précisément durant la journée du 7 août, avec une consommation de 15 656 MW, soit nettement plus que les 14 714 MW de l’année dernière.
C’est donc bien d’une baisse qu’il faut parler pour le pic de l’année dernière, comparé au pic de l’année d’avant, durant la même période des grandes chaleurs. Une tendance qui pourrait s’expliquer par la forte baisse des activités industrielles, parmi lesquelles de grosses consommatrices de cette énergie, provoquée par les mesures sanitaires mises en place contre la covid-19. Les mêmes raisons sanitaires avaient aussi poussé à l’arrêt de nombreuses activités commerciales.
Pendant cette période, les climatiseurs avaient, certes, continué à fonctionner à plein régime dans les foyers où les Algériens étaient soumis à de longues heures de confinement, mais ce type d’appareil gourmand d’énergie électrique avait été débranché un peu partout où les activités professionnelles enregistraient une baisse sensible de rythme, voire carrément un arrêt. Dans la même logique de crise sanitaire et de mesures préventives, une bonne partie des entreprises et d’administrations s’étaient mises au régime du télétravail, à distance des bureaux et autres lieux réels d’activité où la mise en mode arrêt des climatiseurs permettait sans doute de réaliser quelques économies non négligeables en électricité.
La reprise progressive des activités industrielles, et autres, a sans doute fait remonter la consommation électrique, et il ne manquait visiblement que la canicule de ces derniers jours pour que celle-ci explose et ne se contente pas de battre le record de l’année dernière, mais grimpe également au-dessus de celle enregistrée l’année d’avant.
En fait, les pics de consommation électrique enregistrée chaque été dénotent d’une demande nationale continuellement croissante, et que Sonelgaz tente de couvrir durant la période estivale en mettant en place un plan spécial qui renforce l’offre du groupe énergétique national en comptant sur un stock important de la production électrique, suffisant pour satisfaire tout pic de consommation.

Une demande continuellement croissante
En juin dernier, le ministère de l’Energie avait annoncé qu’une capacité additionnelle de production d’électricité de 1868 MW, 50 ouvrages de transport d’électricité et 767 postes de moyenne tension et basse tension (MB/BT) avait été mise en service.
Ces nouvelles infrastructures visent à «sécuriser la consommation estivale en s’ajoutant au parc important déjà existant de plus de 22 000 MW et qui a été fiabilisé grâce à des opérations de maintenance régulières», a expliqué le département de Mohamed Arkab, rappelant que «chaque année, il est mis en place au niveau du secteur de l’énergie, un plan spécial passage été».
«Des investissements importants sont consentis par Sonelgaz pour permettre la couverture de la demande en électricité de la population et des infrastructures socio-économiques avec le minimum de contraintes et garantir la mission de service public qui lui est dévolue», a ajouté la même source,
Le ministère de l’Energie avait, par ailleurs, tablé sur une consommation maximale appelée pour l’été 2021 de 15 500 MW pour des températures saisonnières (normales) et 16 500 MW pour des températures exceptionnelles (caniculaires), soit en augmentation de 6% par rapport à celle enregistrée durant l’été 2020.
Aussi, pour le passage de l’été 2021, la tutelle a rassuré quant à «la disponibilité des unités de production qui garantiront aisément la demande électrique attendue durant cette période». Il en est de même pour les régions du sud et du grand sud du pays, où des dispositions ont été prises pour renforcer la puissance installée notamment par le transfert des turbines à gaz mobiles du nord vers le sud de manière à garantir la satisfaction de la demande avec une réserve suffisante. En dépit des plans d’actions et dispositions mis en place pour garantir une meilleure qualité de service, le ministère n’a pas exclu des incidents «aléatoires» pouvant affecter «les ouvrages et les matériels, notamment lors des conditions climatiques extrêmes, atteintes tiers, surcharge ou autres, à l’exemple de la canicule qui a touché le sud-est du pays ou les vents de sable violant qu’a connu la région de la Saoura, durant ce mois de juin».