Le rythme imprimé à la vaccination anti-Covid-19 est loin d’être satisfaisant. Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, l’a amplement exprimé en souhaitant que les personnes qui n’ont pas encore reçu les doses de l’anticoronavirus comprennent que c’est la seule façon à leur portée actuellement pour se protéger, notamment en cas d’apparition d’une éventuelle quatrième vague.

Par INES Dali
«Je suis franchement surpris du peu d’engagement de la population par rapport à la vaccination», a déclaré le ministre sur les ondes de la Radio nationale, déplorant, ainsi, le faible engouement constaté, surtout, depuis que les contaminations ont commencé à baisser, et soulignant qu’il ne faut pas attendre un rebond de la pandémie pour se faire vacciner. «J’en appelle à la conscience des gens. C’est maintenant qu’il faut aller se faire vacciner», a-t-il ajouté, tout en faisant état de la crainte d’une prochaine vague.
Il s’est exprimé dans le sens où il faut veiller à ne pas perdre les acquis obtenus en matière de stabilité de la situation épidémiologique avec des cas confirmés qui se sont inscrits en baisse sensible en se maintenant en-dessous de la barre des 100 cas par jour et un nombre de décès étant passé à moins de cinq pendant plusieurs jours consécutifs, avant qu’il semble y avoir un frémissement de ces indicateurs vers le haut. Vendredi 29 octobre, le nombre des contaminations a dépassé la
centaine de cas, en atteignant le
nombre de 110 et les décès étaient au nombre 6. Après une baisse à 88 cas confirmés samedi, ce nombre est reparti à la hausse le lendemain en s’établissant à 94 cas. Cette évolution de la courbe de la pandémie n’est pas sans inquiéter le premier responsable du secteur de la santé.
«En analysant les durées entre la première et la deuxième vague, et entre la deuxième et la troisième, on évalue à peu près une autre vague dans les mois qui viennent», a estimé le ministre. A ce propos, il est utile de noter que nombreux sont les professionnels de la santé qui ont estimé qu’une prochaine vague de Covid-19 pourrait avoir lieu en novembre, tandis que le Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie, a donné un peu plus de précisions dans son estimation. «Si une quatrième vague devait survenir, celle-ci pourrait se manifester entre la fin novembre et janvier prochain», a-t-il affirmé dans une récente déclaration à Reporters.
La situation actuelle d’accalmie pourrait ne pas durer, selon le ministre. «Les résultats obtenus grâce à tous mettent le pays dans une situation assez convenable, que ce soit en matière de nombre de contaminés ou de décès ou autre, et aussi en matière d’expérience acquise», a-t-il affirmé. «Mais je suis maintenant surpris du peu d’engouement par rapport à la vaccination», a-t-il martelé, sur un ton empreint d’incompréhension quant à la réticence à l’acte vaccinal.
Le ton est également monté d’un cran chez le Pr Benbouzid, qui tout en renouvelant son appel à la vaccination, a expliqué qu’«on ne peut pas douter de la vaccination puisque les pays qui sont pour nous des modèles en matière de développement scientifique, d’ordre et de stabilité sociale vaccinent. Alors pourquoi chez nous on ne vaccine pas ? Est-ce que nous, nous disposons d’une immunité particulière ? Est-ce qu’on est certains d’avoir acquis une immunité soit par le peu de vaccination soit par une immunité naturelle par la contamination ?» La réponse est «non», a affirmé le ministre, car le virus continue de circuler.
«Je ne veux pas nous retrouver, tous les collègues et moi, et tous ceux qui sont impliqués» dans la lutte contre la pandémie, «à parler de vaccination s’il y a une nouvelle flambée», a-t-il soutenu, revenant sur le fait que la vaccination est recommandée en temps d’accalmie et non en temps de flambée. «C’est maintenant qu’l faut aller se faire vacciner !», a-t-il insisté. Les spécialistes ont expliqué, à maintes reprises, que le vaccin met un certain temps avant que son effet ne se fasse ressentir. Les anticorps sont produits «dix à quinze jours après» l’administration d’une dose. La première dose procure une immunité d’environ 30% qu’il faut obligatoirement compléter par une deuxième dose qui, elle, finit par procurer l’immunité escomptée pour être protégé contre le Covid-19, selon les explications que les spécialistes ne cessent de rappeler.
Le danger d’une reprise de la pandémie est omniprésent si l’on se réfère à ce que le pays a déjà vécu. «Nous avons connu une accalmie auparavant. C’était une épidémie qui évolue par cycle. On a eu un premier cycle avec une vague, un deuxième cycle avec une deuxième vague et, aussi, un troisième cycle avec une troisième vague», a rappelé le Pr Benbouzid, soulignant que les experts ont encore alerté qu’«il se pourrait qu’on ait un autre cycle avec une autre vague». Il est revenu sur la nécessité de rester prudent et vigilant puisque l’on sait que l’Algérie n’est pas à l’abri d’une quatrième vague.
Dans son plaidoyer pour un retour de la population à la vaccination face au risque d’un rebond des contaminations, le ministre n’a pas manqué de donner comme exemple la situation qui prévaut dans d’autres pays, notamment ceux de l’Europe de l’Est où il y a reprise des contaminations. Il a indiqué que si l’Algérie appréhende une éventuelle prochaine vague, c’est parce que «cela est aussi soutenu par ce qui se passe à l’étranger où, apparemment, l’épidémie a repris dans certains pays». <