Le ministère de l’Education nationale ne semble pas maîtriser l’opération de vaccination du personnel du secteur alors que la rentrée scolaire est prévue dans deux semaines, précisément le 21 septembre, après avoir été reportée à cause du contexte sanitaire.

PAR NAZIM B.
Entamée, un rendez-vous que la tutelle tend à oublier, le 22 août dernier, l’opération portant vaccination du personnel de l’education n’a pas été encore évaluée. C’est visiblement cette faille qui a contraint le premier responsable du secteur, Abdelhakim Belabed, à parler d’un «taux acceptable» de la vaccination alors qu’il était attendu de lui d’apporter une évaluation chiffrée de la campagne. D’autant plus que le report de la rentrée scolaire, initialement prévu début septembre, «est intervenu après l’aval des hautes autorités du pays afin de disposer de plus de temps en vue de poursuivre l’opération de vaccination du personnel du secteur ….», a souligné avant-hier, M. Belabed
Intervenant lors une conférence nationale sur les dispositions relatives à l’organisation des cours en prévision de la rentrée scolaire, le ministre a fait pourtant état de «l’élaboration d’un recensement précis des vaccinés» tout en plaidant «l’impératif de réunir les conditions idoines pour une rentrée scolaire sûre et sereine». A l’évidence, d’ici le 21 septembre, les choses vont s’éclaircir pour voir si le report aura servi pour préparer une rentrée scolaire sereine. M. Belabed a expliqué, par la même occasion, que «le recours à des mesures exceptionnelles, notamment les plans éducatifs et le protocole sanitaire, nous est imposé par la situation épidémiologique qui a impacté le monde entier». Il a relevé que «l’adoption du système de groupes vise à assurer la distanciation physique et la préservation de la santé de tous dans le cadre d’une action participative entre tous les cadres de l’Education nationale».
M. Belabed est revenu également sur les emplois du temps officiels des programmes pédagogiques et la polémique suscitée par la programmation de la langue amazighe hors des temporalités habituelles avant que la tutelle ne rectifie le tir. Il a affirmé, à ce propos, que tamazight «est une langue nationale officielle que le ministère de l’Education œuvre à promouvoir et à généraliser», précisant que son enseignement «sera assuré pendant les horaires officielles à l’instar des autres matières».
Et si M. Belabed a mis en exergue l’importance de faire preuve de flexibilité dans l’adaptation du système éducatif, en laissant le pouvoir d’appréciation aux directeurs d’établissement éducatif, qui devront se concerter avec les enseignants dans le respect des lois et règlements en vigueur et du protocole sanitaire, il ne fait point de doute que les motifs de contestation ne manquent pas dans ce secteur marqué régulièrement par des mouvements de grève et d’autres actions de protestation pour diverses raisons. A ce titre, elles sont nombreuses les catégories du secteur à replacer leurs revendications catégorielles, ce qui annonce vraisemblablement de l’agitation dans les établissements.
Pour le ministre, il y a nécessité de procéder à «une actualisation des informations fournies par la plateforme numérique en un temps record pour une meilleure maîtrise de la gestion matérielle et pédagogique en insistant sur l’importance de l’action anticipative». Il a également plaidé, pour la même finalité, pour un traitement responsable et professionnel des questions soumises à débat, à l’approche de la rentrée scolaire et la focalisation sur la sensibilisation et la lutte contre les rumeurs et les fausses informations. Le ministre a estimé également nécessaire d’œuvrer de «concert avec le partenaire social» à résoudre les problèmes enregistrés dans le secteur au niveau local, «conformément aux textes en vigueur et dans le cadre du respect mutuel».
Or, les voix syndicales du secteur ne cessent de remettre au goût du jour des revendications posées depuis plusieurs années et qui ont survécu aux ministres qui se sont succédé à la tête d’un département constamment en quête de sérénité. n