Le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de Covid-19 se réunit aujourd’hui pour étudier, entre autres, la possibilité de vacciner les moins de 18 ans. C’est une question qui revient régulièrement sans qu’une décision soit prise vu la délicatesse du sujet. C’est aussi une éventualité qui n’est pas écartée par les membres dudit Comité, au moment où le pays connaît une augmentation continue des contaminations qui ont franchi le pas de 300 cas confirmés mardi dernier.

PAR INES DALI
Nombreux sont ceux parmi les professionnels de la santé qui ont déjà fait savoir être pour l’option vaccinale des enfants, mais nombreux sont aussi ceux qui se disent favorables à condition que la priorité soit donnée d’abord à la vaccination de la population adulte éligible à la vaccination. En tout état de cause, la question pourrait être tranchée au niveau du Comité scientifique, a indiqué l’un de ses membres, le Pr Ryad Mehyaoui. «En plus d’un suivi plus pointilleux de la situation épidémiologique, le Comité scientifique compte étudier jeudi prochain (aujourd’hui, ndlr) la probable décision d’élargir la vaccination aux adolescents de moins de 18 ans», a-t-il annoncé au courant de la semaine. La réunion se tiendra «avec les experts qui ont fait une lecture de la situation à l’échelle internationale et on va donc probablement trancher ce volet de la vaccination» concernant les enfants, a affirmé le Pr Mehyaoui qui se dit, pour sa part, favorable à cette opération.
Le Pr Kamel Senhadji, président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire est du même avis. Pour lui, «il est tout à fait logique et normal de vacciner les enfants, et ce, à partir de 6 ans». Il argumente que les résultats cliniques ont démontré que le coronavirus peut contaminer les enfants à partir de cet âge. Pour l’heure, en Algérie, les discussions ne tournent pas autour de la vaccination des enfants proprement dit, mais plutôt des adolescents.
Si le Comité scientifique venait à trancher la question, ce ne seront pas d’ailleurs tous les adolescents qui seront concernés à la fois, mais leur vaccination se fera de façon progressive, selon le Pr Mehyaoui. «On va peut-être privilégier d’abord, progressivement, les adolescents qui se rapprochent un peu plus de l’âge adulte, avant de pouvoir passer à ceux d’un âge plus bas», a-t-il déclaré.
Mais dans l’ensemble, l’opération de vaccination «pourrait, éventuellement, toucher les adolescents de 12 ou 11-17 ans», a-t-il ajouté, faisant remarquer qu’il y a beaucoup de gens qui demandent à ce que les enfants soient vaccinés. Mais il ne s’agit pas que d’une décision du Comité scientifique car l’avis des parents est également à prendre en considération et tous ne sont pas du même avis. C’est pour cela que si la décision venait à être prise, «elle sera soumise, bien sûr, à l’accord des parents», a tenu à préciser le Pr Mehyaoui pour éviter tout amalgame, soutenant que «l’autorité parentale est importante dans notre pays».
En attendant de voir plus clair, il y a lieu de noter que le vaccin produit en Algérie, le Coronavac, serait approprié pour la vaccination des enfants, selon la présidente-directrice générale de Saidal, Fattouma Akacem. «Avec les partenaires chinois de Sinovac, nous avons abordé dans nos discussions les deux types d’études cliniques qui ont été effectuées sur le CoronaVac, dont la première est relative à la possibilité de vacciner les enfants de plus de trois ans», a-t-elle affirmé. «Ce sont des études dont les résultats préliminaires s’avèrent positifs», a ajouté Mme Akacem. n