Par Bouzid Chalabi
Risque d’une 4e vague de pandémie de la Covid-19 plus virulente, cherté des aliments frais, révision de la politique sociale et situation des patrons de salle de fêtes ont eu la part du lion lors d’un point de presse qu’a organisé, hier en son siège à Alger, l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), présidée par son secrétaire général Hazab Ben Chahra.
Avant de passer la parole au représentant des propriétaires de salle des fêtes, Hazab Ben Chahra n’a pas manqué, lors de son bref discours d’entame du point de presse, de souligner que son organisation n’a eu de cesse de contribuer à l’effort de faire respecter les protocoles sanitaires mis en place par les autorités du pays depuis l’apparition de la pandémie de la Covid-19. De son côté, le représentant des propriétaires de salle de fêtes a tout de go fait savoir que le feu vert donné par les autorités sanitaires du pays « pour la reprise de nos activités a été très bien accueilli par notre corporation bien qu’il intervienne un peu tardivement. Nous avions espéré reprendre du service au début de la période des mariages et non pas en période creuse ».
Comme il a fait savoir que cette reprise a des règles strictes « dont certaines demandent plus d’éclaircissement, c’est du moins notre approche qui mérite réponse avant notre retour à la pleine activité », a-t-il indiqué.

Des salles de fête consacrées à la campagne de vaccination
Poursuivant son intervention, le porte-parole des propriétaires de salle de fêtes a annoncé : « Comme nous sommes dans une période creuse, nous avons décidé en concertation de contribuer à la campagne nationale de vaccination en mettant à disposition nos espaces à la population, surtout en ces temps où il est démontré que nous sommes à la veille de l’arrivée d’une quatrième vague. » Une initiative des plus louables dès lors où il faut s’attendre à une tension au niveau des centres de vaccination par l’effet subit d’un grand nombre de personnes voulant se faire inoculer dans les plus brefs délais.
Enchaînant dans ce sens, le président de l’Association de protection et d’Orientation du consommateur et de l’environnement (Apoce) le docteur Mustapha Zebdi n’a pas mâché ses mots : « Face au risque de cette quatrième vague, il est à déplorer que sur le terrain c’est comme si de rien n’était. Citant les règles protocolaires telles que définies dès l’apparition de la pandémie sont très peu appliquées, voire inexistantes un peu partout. Nous sommes, malheureusement, devant une insouciance quasi générale », s’est-il offusqué. Ajoutant : « C’est comme si chez la population, du moins celle qui n’est pas encore vaccinée, on se sent immunisé. » Arguant : « On est encore très loin de ce cas de figure, il suffit pour s’en convaincre de se référer au faible taux de vaccination atteint jusqu’ici, soit tout près de 1/10e de la population alors que les épidémiologistes parlent d’un taux de 80% pour atteindre l’immunité collective. » « Je lance cet appel, notre seule arme pour nous prémunir du risque de contagion n’est que le vaccin. Il faut que nous tous soyons conscients que l’heure n’est plus à se demander s’il y a urgence ou non de se faire vacciner mais, surtout, par esprit de solidarité, l’inoculation devient impérative, notamment lorsqu’il est admis que la 4e va être plus virulente. » Et de lâcher enfin : « Je suis désappointé devant tant d’insouciance de la part de nos concitoyens. Faut-il se retrouver devant des centaines de personnes décédées et des milliers durement affectées par la Covid-19 pour que les consciences se réveillent ? Alors que nous avons un moyen efficace pour s’épargner un tel scénario, celui de se faire vacciner. »

Cherté de la pomme de terre : Zebdi s’offusque
Interrogé sur la cherté vécue par les consommateurs, ces dernières semaines, sur la pomme de terre, M. Zebdi n’ira pas par quatre chemins : « Je reste convaincu que nous ne tirons pas de leçons des mêmes cas de figure antécédents. C’est déplorable.» Et de rappeler aux médias que les raisons sont connues. « Et sur lesquelles, au sein de notre association, nous n’avons eu de cesse d’interpeller les pouvoirs publics mais sans retour d’écoute. Pis encore, on continue d’ignorer les carences qui nous ont menés vers des prix exorbitants sur une denrée alimentaire de très large consommation qu’est la pomme de terre ». Et de confier : « Si nous voulons vraiment en finir avec ces envolées des prix intempestives, il va falloir trouver des solutions à toutes les carences de l’amont à l’aval dans le circuit de la production/commercialisation de la pomme de terre. C’est donc toutes les parties prenantes qui sont interpellées », a conclu le président de l’Apoce.
A propos de la révision de la politique sociale, Mustapha Zebdi a affirmé que les récentes déclarations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune « ont dissipé toute ambiguïté » sur la question de l’aide sociale, se félicitant de la préservation du caractère social de l’Etat.
« Les dispositions de la loi de finances 2022 sur l’aide sociale nous ont inquiétés en tant qu’organisation de protection du consommateur, car la version du texte en question n’était pas claire, mais les propos du président de la République ne laisse aucun doute », a-t-il dit à propos.
L’APOCE, qui a de tout temps plaidé pour de nouveaux mécanismes garantissant l’orientation de l’aide aux véritables bénéficiaires, « clarifiera sa vision et fera ses propositions sur ce sujet à travers le dialogue national que le président de la République a évoqué avec la participation de tous les acteurs », a relevé le président de l’APOCE.