Les Algériens sont-ils hésitants à l’égard du vaccin contre le coronavirus ? En ont-ils peur, le considèrent-ils comme peu important ou y a-t-il faille dans le plan de sensibilisation ? Après l’engouement observé durant les premiers jours de la campagne d’immunisation contre la Covid-19, le constat est à l’apathie collective : une situation pour le moins alarmante et qui pousse le ministère de la Santé à renouveler son appel à se rendre dans les centres de vaccination.

PAR INES DALI
Ces appels récurrents aux citoyens proviennent aussi bien de la part du ministère de la Santé que des professionnels du secteur. Le dernier en date a été encore lancé par le ministère qui a invité toutes les personnes désirant se faire vacciner à se présenter au niveau des structures de santé ou des nouveaux espaces de proximité aménagés à cet effet pour recevoir leur dose d’anti-Covid. Cet appel, lancé avant-hier mardi, est venu après la mise en place au niveau des places publiques de chapiteaux dédiés exclusivement à la vaccination et entre «dans le cadre de la campagne nationale vaccinale contre le Covid-19», a indiqué le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière dans un communiqué, ajoutant que l’objectif de cette campagne est «de garantir à tous les citoyens un vaccin de qualité et d’assurer un accès opportun et équitable à tous».
Les chapiteaux installés dans plusieurs communes de la capitale et des autres wilayas du pays ont connu un véritable engouement les premiers jours, dès leur mise en place progressivement à partir du début du mois en cours. Mais cet engouement s’est estompé petit à petit. Afin de donner plus d’écho à la campagne vaccinale et de l’élargir, le ministre de la Santé, le Pr Abderrahmane Benbouzid, a rencontré mardi une délégation de l’Union générale des travailleurs (UGTA), présidée par son secrétaire général, Salim Labatcha. Cette rencontre a été consacrée à l’examen de la question du «prolongement de l’opération de vaccination contre la covid-19 au profit de tous les travailleurs au niveau national, et ce, en associant tous les acteurs de l’UGTA dans la programmation et l’encadrement de cette opération dans les plus brefs délais en coordination avec les structures sanitaires», a-t-on appris dans un communiqué du ministère. A travers cette rencontre, il s’agit d’inciter les travailleurs à se faire vacciner, ce qui permettra de brasser un plus grand nombre de personnes pour l’opération vaccinale, surtout après le constat de la défection des citoyens au niveau des structures dédiées. A ce propos, le Pr Rachid Belhadj, directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha-Bacha (Alger), a fait des révélations loin d’être rassurantes. Il a affirmé qu’après l’afflux important du début du mois sur les structures supplémentaires mises en place pour la vaccination, à savoir les chapiteaux, il a été constaté, au fil des jours, une baisse significative. «Ce sont environ 100 personnes seulement qui se déplacent pour se faire vacciner», a-t-il affirmé récemment. Il n’a pas caché son inquiétude quant à ce désintérêt de la vaccination, tout comme bon nombre de ses confrères qui l’ont fait savoir, tout en appelant à intensifier la communication et la sensibilisation afin de convaincre les réticents à la vaccination qui, très souvent, sont dissuadés car ils prennent leurs «informations sur les réseaux sociaux», a-t-il alerté. Son confrère, le Dr Mohamed Yousfi, président de la Société algérienne d’infectiologie, a également mis en cause les réseaux sociaux et les fake news qu’ils véhiculent. Quoi qu’il en soit, le fait est là. Il semble qu’il y ait une réticence qui s’est installée vis-à-vis de la vaccination. Une réticence qui, faut-il le souligner, n’était pas perceptible au début, puisque les citoyens réclamaient que l’Algérie importe plus de vaccins, tout comme les critiques n’ont pas cessé à propos du retard pris dans la vaccination en raison de la non-disponibilité des antidotes en quantité suffisante. Aujourd’hui, les vaccins sont disponibles et d’autres quantités doivent encore arriver les prochains jours. De même que les conditions sont réunies pour une vaccination de masse après la mise en place et la généralisation des chapiteaux à travers plusieurs wilayas du pays. Il reste alors à convaincre les citoyens réticents. <