C’est une véritable bataille qui doit être livrée contre les idées reçues quant aux supposés effets secondaires des vaccins anti-Covid-19.

PAR INES DALI
Les effets secondaires qu’on prête à ces antidotes, ici et là, n’émanent pas des scientifiques. Ils ne sont, donc, basés sur «aucune donnée scientifique» et ce ne sont, en fait, que «des paroles» qui ont fini par faire développer une certaine réticence vis-à-vis de la vaccination, s’accordent à dire les professionnels de la santé.
Il s’agit de «rumeurs» et «fakenews» distillées qui ont fini par avoir un impact sur la population. Beaucoup y croient et finissent par penser que les anticoronavirus pourraient être à l’origine de certaines pathologies ultérieurement, dont notamment la stérilité qui est citée par les spécialistes.
«La vaccination est non seulement d’une utilité dans la lutte contre la Covid-19, mais une obligation morale, du fait qu’une personne qui a contracté le virus peut contaminer les autres», a déclaré le Dr Mohamed Bekkat Bekani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins, qui a exprimé son regret de voir que les gens continuent de croire et de se référer aux fakenews.
«On a laissé faire les fakenews alors qu’il fallait expliquer aux gens que, premièrement, c’est nécessaire de se faire vacciner, et, deuxièmement, que c’est aussi une innocuité, c’est-à-dire que le vaccin n’est pas nuisible pour leur santé», a affirmé le Dr Bekkat Berkani, dans une déclaration à Reporters. Il a poursuivi en insistant que «les rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux» prêtent aux vaccins «beaucoup d’effets secondaires qu’ils n’ont pas».
«Les gens ont entendu beaucoup de rumeurs sur les anti-Covid-19. Toutes sortes de choses négatives ont été dites. Ils ont entendu dire que les vaccins pouvaient les rendre stériles, les rendre fous… Bref, n’importe quoi. Ce qui a fini par les dissuader de se faire vacciner. Mais s’ils avaient entendu dire, par exemple, que le vaccin rendait plus intelligent, là, on aurait eu la réaction inverse», a souligné notre interlocuteur pour expliquer l’impact des rumeurs sur les comportements.
Pour le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, il est absolument nécessaire de contrer les fakenews dans les réseaux sociaux. Mais pas seulement. Il estime, également, que la campagne de sensibilisation a manqué d’agressivité à ce propos et aurait dû inclure ce facteur qui a contribué ou conduit à la réticence des citoyens, en donnant de plus amples explications sur les bienfaits des vaccins, comme le fait qu’il leur permet de ne pas développer une forme grave de la maladie de Covid-19, de leur faire éviter une hospitalisation ou une réanimation.
C’est pratiquement le même avis que partage le Pr Réda Djidjik, chef de service immunologie au CHU de Béni Messous à Alger, qui a soutenu que «les experts, les scientifiques et les médecins algériens peuvent tous expliquer que cette réticence n’est pas fondée sur des arguments scientifiques», ajoutant, qu’«il faut faire un effort de sensibilisation et essayer de casser les tabous autour du vaccin».
Il faut «prendre toutes les questions qui rodent dans les têtes des gens, et les traiter de manière scientifique, faire des tables rondes et en parler à la télévision et au niveau des entreprises. Je pense que nous n’avons aucun autre moyen que de faire de la sensibilisation. On ne peut pas rendre le vaccin obligatoire», a-t-il déclaré dans un entretien à TSA. Revenant sur les effets secondaires qui font le plus peur aux citoyens, il a relevé qu’il faudrait «notamment expliquer que le vaccin n’entraîne pas la stérilité. C’est très stupide de penser cela. Penser que le vaccin va entraîner la mort dans quelques années est tout aussi stupide. Il faut expliquer aux citoyens que ce n’est pas la peine d’écouter ces idées. Elles ne sont pas fondées».

«Le vaccin réduit de 90% le risque d’hospitalisation et de décès», selon une étude
C’est le moment de se faire vacciner, a indiqué le Pr Djidjik, notant que le vaccin protège un mois après l’avoir fait. D’où, «se vacciner en plein pic pour se protéger, c’est faux. C’est maintenant qu’il faut se faire vacciner pour les éventuelles futures vagues qui vont survenir», a-t-il recommandé.
Vaincre les réticences par des arguments scientifiques c’est ce que préconisent les professionnels de la santé et, dans ce sens, nombreuses sont les études ayant démontré que dans le rapport bénéfices/risques des vaccins anti-Covid-19 ce sont les bénéfices qui l’emportent. Une étude française rendue publique lundi a confirmé l’efficacité des vaccins. «La vaccination contre le Covid-19 réduit de 90% le risque d’hospitalisation et de décès chez les plus de 50 ans et semble aussi efficace face au variant Delta, sur lequel on manque toutefois encore de recul», selon cette étude portant sur 22 millions de personnes.
«Les personnes vaccinées ont 9 fois moins de risque d’être hospitalisées ou de décéder de la Covid-19 que les personnes non vaccinées», a expliqué à l’AFP l’épidémiologiste Mahmoud Zureik ajoutant que les chercheurs ont comparé les données de 11 millions de personnes vaccinées de plus de 50 ans avec celles de 11 millions de personnes non-vaccinées dans la même tranche d’âge, sur une période allant du 27 décembre 2020 (début de la vaccination en France) au 20 juillet dernier. A partir du 14e jour après l’injection de la seconde dose, les chercheurs ont observé «une réduction du risque d’hospitalisation supérieure à 90%».
Une autre étude démontre, ainsi, les bienfaits de la vaccination. Les professionnels de la santé appellent, avec insistance, la population à ne pas accorder foi à des informations qui n’ont aucune base scientifique, réitérant que la vaccination est le seul moyen qui permet d’endiguer la propagation du Covid-19 et d’aborder d’une manière plus sereine une éventuelle quatrième vague, surtout avec la rentrée sociale, la rentrée scolaire et universitaire qui font que la mobilité des personnes est grande et que, donc, le risque de contamination est aussi grand. <