Le Directeur de la régulation au ministère de l’Industrie pharmaceutique, Bachir Allouache, a affirmé, hier, que le processus de fabrication du vaccin russe en Algérie devra être lancé très prochainement, «en application des instructions du président de la République lors du dernier Conseil des ministres. Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a procédé à des mesures permettant l’entrée en vigueur du projet de production du vaccin Spoutnik V».
Intervenant, hier, sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, il a précisé que le ministère de l’Industrie pharmaceutique est toujours en contact avec le fonds d’investissement direct russe, en sa qualité de représentant de la Russie dans ce projet, précisant que les deux parties sont en train de «mettre les dernières retouches pour la concrétisation du projet en Algérie».
Le Directeur de régulation au ministère de l’Industrie pharmaceutique a, également, déclaré que Saidal se chargera, en premier lieu, de la production du vaccin et, plus précisément, à son unité de Constantine, avec la possibilité plus tard d’élargir cette production au secteur privé. Il a aussi affirmé, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale, que l’Algérie pourra fabriquer ce vaccin dans ses quatre étapes du fait de sa maîtrise des technologies de production des vaccins et de son expérience dans le domaine. Il a toutefois souligné que la première étape de fabrication de la lignée cellulaire est l’étape la plus difficile, car elle nécessite un transfert de technologie russe, mais que les négociations sont en bonne voie et en train d’être finalisées pour la concrétisation de cet ambitieux projet. Dès lors, il a insisté sur l’importance que la production du vaccin se fera en Full Process, c’est-à-dire que les quatre étapes de cette production seront réalisées en Algérie.
Bachir Allouache a également annoncé d’autres projets de production de vaccins contre le coronavirus en Algérie, notamment avec le partenaire chinois. Concernant les ambitions du ministère de l’Industrie pharmaceutique, une fois la production du vaccin lancée, il a déclaré qu’il vise d’abord à satisfaire les besoins nationaux en termes de vaccin pour passer plus tard à l’exportation vers les pays voisins.
Atteindre 60% à 70% de production nationale à fin 2021
Par ailleurs, concernant la production nationale, le Directeur de contrôle à l’industrie pharmaceutique, a expliqué que la nomenclature nationale comprend 3 600 médicaments, dont 2 200 sont fabriqués localement, ce qui représente plus de 50% des besoins de médicaments en Algérie. Afin d’atteindre l’objectif de réduire la facture d’importation de médicaments de 400 millions de dollars d’ici la fin 2021, l’intervenant a déclaré que l’Algérie ambitionne de produire des médicaments à valeur ajoutée qui coûtaient cher au Trésor public, à l’instar des médicaments pour le traitement du diabète, des maladies du sang et du cancer.
Il a précisé, à ce sujet, qu’il y a environ 29 médicaments qui représentent environ 50% du budget de la Pharmacie centrale pour les hôpitaux (PCH). Indiquant que les médicaments anticancéreux et d’hématologie constituent 26% de cette facture, tandis que l’insuline, à elle seule, représente 20% de la facture d’importation. Il a ainsi annoncé dans ce sillage que Saidal est sur le point de lancer un projet pour produire la deuxième génération d’insuline dans les prochains mois.
Bachir Allouache a également mis en exergue le rôle important de la numérisation du secteur à travers la plateforme numérique du ministère de l’Industrie pharmaceutique afin d’avoir les chiffres réels de la demande et de la disponibilité des médicaments en Algérie. Il a également rappelé l’accélération des procédures d’enregistrement des médicaments surtout concernant l’enregistrement de la production locale.
Le Directeur du contrôle au ministère de l’Industrie pharmaceutique a ajouté qu’il existe 50 unités appartenant à des investisseurs privés, dont 29 sont dans leur phase finale et entreront bientôt en production, ce qui contribuerait à répondre à la demande de médicaments au niveau national et de facto alléger la facture d’importation dans les prochains mois. Il a ajouté que la stratégie du ministère de l’Industrie pharmaceutique est d’orienter les producteurs locaux dans la fabrication des médicaments à valeur ajoutée à l’instar des traitements des cancéreux.
Il a conclu son intervention en assurant que tous les moyens sont mis en place pour la disponibilité du médicament en Algérie à travers plusieurs mécanismes mis en place notamment avec l’observatoire du médicament afin de signaler toute tension sur la disponibilité des médicaments, afin que les services concernés du ministère de l’Industrie pharmaceutique puissent réagir en temps réel et pallier à cette situation.
Il a résumé la feuille de route du ministère de la l’Industrie pharmaceutique qui, tout en ciblant à long terme l’exportation vers les pays voisins, à court terme, elle consiste à relever le défi du soutien de la production locale avec des orientations aux opérateurs privés pour la fabrication des familles thérapeutiques à haute valeur ajoutée afin d’atteindre le taux de 60% à 70% de la demande locale en médicament d’ici la fin de l’année 2021. <