Le lancement de la campagne de vaccination anti-Covid-19 est maintenue pour le mois en cours même si l’Algérie n’a pas encore réceptionné les doses de vaccins, à en croire le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, qui a fait savoir que le pays nécessite 40 millions de doses pour vacciner 70% de la population, d’où la diversification des fournisseurs.

Afin d’obtenir l’immunité collective qui permettrait de freiner la propagation de la pandémie de coronavirus, il est nécessaire de vacciner entre 60 et 80% de la population et l’Algérie a choisi de vacciner au moins 70%. C’est ce qu’a affirmé le Pr Benbouzid, avant de donner de plus amples explications. «En Algérie, on va vacciner les personnes ayant 18 ans et plus, à l’instar des autres pays du monde. Pour ce faire, on a effectué des scénarios, à savoir la vaccination de 60% de la population, de 70% ou de 80% pour arrêter la transmission du virus, puis on a opté pour le taux de 70% de la population à vacciner», a-t-il déclaré dans un entretien à la chaine Russia Today.
Il a poursuivi en développant que 70% de la population devant être vaccinée représente «20 millions de personnes» et comme le vaccin doit être administré en deux doses, «l’Algérie a donc besoin d’un total de 40 millions de doses». Cette quantité ne pouvant être assurée par un seul laboratoire, il est tout à fait normal que le pays opte pour plusieurs fournisseurs. «Aucun laboratoire ne peut fournir cette quantité seul, il y a plusieurs pays demandeurs», d’où «l’obligation de voir aussi avec d’autres et c’est ce que nous avons fait», a indiqué le ministre.
Les 500.000 doses de vaccin Spoutnik V étant insuffisantes et ne pouvant servir que pour un début, il a affirmé que l’Algérie recevra un vaccin chinois durant ce mois de janvier, outre le vaccin russe qui doit être réceptionné dans «les prochains jours». Ce sont donc deux vaccins que le pays attend pour le début de la campagne de vaccination qui doit avoir lieu durant les deux semaines qui restent de janvier. Un pari maintenu par le ministre de la Santé d’autant que «notre avion est à Moscou» et que tout a été accompli sur le plan des procédures et sur le plan de l’organisation dans le pays en termes de moyens humains et logistiques.
Malgré la certitude qu’il affiche pour un lancement de la campagne de vaccination tel que «demandé par le président de la République», le Pr Benbouzid ne s’aventure pas à avancer une date précise. «Je ne peux pas avancer un rendez-vous précis car tout est tributaire de l’arrivée du vaccin. Mais je peux assurer que la vaccination débutera dès sa réception, car nous sommes prêts, avons une grande expérience dans le domaine et malgré la grandeur de notre territoire, nous disposons dans chaque région d’une structure sanitaire et de personnel qualifié pour cette mission», a assuré le Pr Benbouzid, réitérant, encore une fois, que ce sera en «janvier comme demandé par le Président», même s’il affirmé souhaiter que ce ne soit pas durant la dernière semaine du mois.
Possibilité d’avoir le vaccin d’AstraZeneka en février
Le Pr Benbouzid a, par ailleurs, indiqué qu’un troisième vaccin est attendu pour le mois prochain. «Il est possible que nous ayons des doses du vaccin britannique d’AstraZeneca-Oxford, et ce, au début de février», a-t-il révélé, hier sur une chaine nationale, sans donner plus de détails.
L’Algérie est donc assurée d’avoir trois vaccins en plus de ce qu’elle doit recevoir dans le cadre de l’initiative Covax, une organisation sous la houlette des Nations unies à laquelle l’Algérie a adhéré dès sa création, en août dernier, alors que les discussions sur les vaccins commençaient à peine à être au-devant de la scène. «Dans le cadre de Covax, nous allons également acquérir un vaccin. Nous ne savons pas encore ce que nous allons recevoir, mais même s’il devait être parmi ceux nécessitant une température très basse, nous avons le temps de nous organiser», a-t-il estimé, allusion au vaccin de Pfizer-BioNTech dont la température de conservation est entre -70 et -80 degrés Celsius. Le ministre a révélé, dans cet ordre d’idées, que l’Algérie devra recevoir «par le biais de Covax 8 millions de doses de vaccins», selon le scénario de vaccination de 70% de la population dont 20% devraient être assurés par cette organisation.
Les 40 millions de doses de vaccin anti-Covid-19 que l’Algérie compte acquérir seront réceptionnées progressivement et le calendrier vaccinal pourra s’étaler sur un an, selon le ministre. «C’est le cas dans tous les pays, aucun n’a la totalité des doses à la fois ou sur une courte durée», a-t-il dit. «Avec la Chine, nous nous sommes entendus sur la réception du vaccin en plusieurs étapes, environ chaque trimestre», a-t-il révélé, notant que les possibilités restent ouvertes pour l’achat d’autres vaccins que ceux qu’il a énumérés et que «de grandes quantités de vaccin arriveront durant les mois de février et de mars».
Concernant l’éventualité de la fabrication du vaccin Spoutnik V en Algérie, le ministre a répondu : «Pourquoi pas ? L’expérience russe peut être bénéfique». Et en réponse à la question de savoir si le pays avait les moyens de se lancer dans cette opération de fabrication locale, il a répondu : «J’estime que oui, nous les avons. Et même si des insuffisances venaient à apparaître et que nous n’avons pas tous les moyens, nous le ferons avec nos partenaires russes, pourquoi pas ?».
Toujours à propos des vaccins, le ministre a indiqué que la short-list dont les noms des laboratoires n’ont jamais été révélés auparavant, que celle-ci contenait le vaccin russe, deux vaccins chinois, celui d’AstraZeneca Oxford, trois vaccins classiques comme ceux que le pays a l’habitude d’utiliser, ainsi que deux autres (à l’ARNmessager), à savoir ceux des laboratoires BioNTech et Moderna. Le ministre a, toutefois, noté que le pays reste ouvert à tous types de vaccins, en allusion peut-être à d’autres qui ne sont pas encore sur le marché, mais promis pour l’année en cours. <