L’union fait la force semble-t-il. Et le football, de par sa magie, compte unir ce que la politique a séparé. Une candidature commune pour le Mondial 2030, le Maghreb y songe même s’il n’y est pas paré et préparé.

C’est, en tout cas, la première réaction d’orgueil après que le Maroc a perdu son duel face au «United 2026» pour abriter l’édition 2026. On n’a pas digéré la trahison «arabe» du côté du pays de Mohammed VI, du coup, l’idée serait pour l’alliance de circonstance.
«A deux on est forts, à trois invincibles», tel pourrait être le slogan d’une postulation maghrébine qui réunirait le Maroc, la Tunisie et l’Algérie. En tout cas, Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), s’est enthousiasmé en évoquant cette éventualité. Encore une fois, le patron de la FAF s’est prononcé (trop ?) spontanément. En dépit de la sensibilité et la complexité du dossier.
Pour l’instant, personne ne l’a rappelé à l’ordre. Mais force est de noter que l’Algérie n’a pas l’assise infrastructurelle du voisin. Du moins, pas encore. Peut-être que Zetchi vit toujours à l’époque où l’Algérie était «en mesure d’organiser deux Coupes du Monde». Il doit donc y penser par deux fois avant de donner son aval au risque de voir les autorités le rappeler à l’ordre. A huit années de la nouvelle votation du Congrès de la Fifa, les délais semblent courts alors que le processus de rétablir complètement le courant avec le royaume chérifien est super lent.
Voir le sol maghrébin abriter l’évènement universel s’apparente plus à l’utopie plutôt que le défi. Selon le rapport de la Task Fifa, les Marocains avaient des atouts mais pas tout. Une note juste au-dessus de la moyenne avec un 2.7 sur 5 qui lui a valu une acceptation de justesse. Ric-rac comme le rapport entre les deux «boards» algériens et marocains. Pour ce qui est de la Tunisie, elle vit toujours son printemps. Le Maghreb 2030 est un beau songe d’été. Tout le monde est chaud mais on risque fortement d’être très vite refroidis.M. T.