Abdelwahab Derbal, le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections a animé, hier, une conférence de presse au siège du Conseil de la Nation. Il a, à cette occasion, mis en garde contre l’utilisation des moyens de l’Etat par les candidats à la députation pour  des besoins personnels durant les prochaines élections législatives.


« Il est formellement interdit d’utiliser d’une manière ou d’une autre les moyens de l’Etat pour les candidats aux élections législatives », a-t-il averti d’entrée, arguant que « ces pratiques sont interdites par la loi ». « Si des preuves sont établies sur l’implication de responsables dans l’utilisation des moyens de l’Etat dans leur campagne électorale, je prendrais les mesures nécessaires, des mesures qui s’imposent à cette violation de la loi », a-t-il lancé d’un ton menaçant.
Et pour cause, aux yeux du conférencier, « tous les citoyens algériens sont égaux devant la députation». Autrement dit, « quelle que soient la responsabilité ou le poste que les candidats à la députation occupent, ils ont le droit de se présenter aux élections, mais seulement dans le cadre de la loi ». « Malheureusement, nous avons encore la culture selon laquelle le responsable se sert, mais ne sert pas », a-t-il déploré. Evoquant, en outre, les conditions de déroulement du prochain scrutin, Abdelwahab Derbal notera que « les élections législatives prochaines se dérouleront, sans doute, dans la transparence, mais avec l’implication des citoyens dans cette opération ». Abdelwahab Derbal a insisté sur l’importance de cette instance qui « tire sa légitimité, sa force et sa crédibilité de la Constitution ». « De par sa mission de surveillance, elle constitue un cadre politique important pour garantir la transparence des élections et protéger le choix de l’électeur », a-t-il assuré. Abdelwahab Derbal a aussi souligné la neutralité de l’instance « à travers son indépendance judiciaire et financière et la non-appartenance de ses membres à un quelconque parti politique et le fait qu’il n’exerce aucune activité organisée par ces partis politiques ». Il a également rappelé les prérogatives de l’instance qui constituent, selon lui, des « garanties pour l’organisation d’élections propres, transparentes et qui ne supportent pas le doute ».
« A la fin de ce discours, je veux vous tendre la main à tous pour demander votre aide et votre soutien », a-t-il fait observer. L’argument de la transparence des élections se décline, selon lui, à travers non seulement les missions de l’instance, mais aussi de sa composante. Il citera à ce propos la composition de l’Instance qui regroupe plus de 400 membres cadres de la société, nommés par décret présidentiel, la constitutionnalisation de cette instance. Il s’agit également de l’instauration de l’Instance par une loi organique, la neutralité de l’Instance et ses prérogatives qui débutent avant, durant et après l’opération des élections. « Le rôle principal de l’Instance est d’assurer la neutralité des agents chargés de ces opérations électorales et la non-utilisation des biens et des moyens de l’État au profit d’un parti politique, d’un candidat ou d’une liste de candidats », a-t-il expliqué à cet égard. Le conférencier n’a pas manqué d’évoquer le spectre de l’abstention. A ce propos, il a estimé : « Nous n’avons pas la culture du vote en Algérie. » Et à ses yeux, «les intellectuels algériens sont loin de jouer leur rôle dans ce domaine ». Selon M. Derbal, « les intellectuels devraient mener des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens pour leur expliquer la nécessité de participer aux élections ». Et pour cause, « l’instance, à elle seule, ne peut couvrir tout le territoire national, car il est nécessaire d’impliquer les citoyens pour mieux surveiller ».