Le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations a ouvert une enquête sur la conformité des activités de la société productrice de la poudre de jus Amila. Cette procédure a été entamée suite à l’utilisation de ce produit en tant que drogue par des écoliers.

PAR MILINA KOUACI
Il y a quelques semaines, la direction de l’Education de Biskra a mis en garde contre l’attitude de certains écoliers qui mélangent la poudre de jus de la marque Amila avec un produit qui contient de l’alcool comme le parfum. Ce mélange produit un effet de drogue, sniffée ou consommée par voie orale. Le nombre d’élèves accros à ce produit augmente à cause de son acquisition facile et de son prix dérisoire, avait alerté la direction de l’Education dans une note adressée aux chefs d’établissements, en appelant au renforcement de la surveillance dans les écoles et faire face à des agissements qui perturbent le bon déroulement des cours. Même des médecins ont multiplié des vidéos sur les réseaux sociaux pour alerté sur ce phénomène.
Cette alerte, qui s’est répandue comme une traînée de poudre, a causé une panique chez les parents d’élèves et fait aussi réagir le département de Kamel Rezig. Le ministère du Commerce a, en effet, décidé d’ouvrir une enquête pour s’assurer de la conformité du produit aux normes nationales et aussi aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur.
Ce produit sera soumis à des analyses de laboratoire nécessaires avant de se prononcer sur les résultats de l’enquête ouverte.
Pour rappel, le producteur du jus en poudre Amila, le groupe Promasidor, a réagi récemment à l’utilisation «détournée et inappropriée» de ses produits dans le milieu scolaire pour des besoins de drogue. Il a assuré que son produit est conforme aux normes nationales et internationales les plus strictes.
L’entreprise indique que son produit «fait l’objet de contrôles réguliers, que ce soit au niveau du fournisseur d’ingrédients ou au sein des unités de production». Il expliquera que le produit Amila est une poudre de jus de qualité soluble dans un litre et demi d’eau et que «son mode d’utilisation est bien expliqué sur le sachet».
Rappelons que ce produit a fait l’objet, en 2018, d’une enquête, ouverte par le laboratoire de la police scientifique de Châteauneuf à Alger, qui a prouvé l’existence d’une substance dénommée Pyrazoles qui constitue un facteur de risque sur la santé du consommateur.
Néanmoins, la drogue est consommée sous toutes ses formes, d’où la nécessité de prévenir sur les dangers de la consommation de la drogue qui se répand dans le milieu scolaire. Les parents devraient accompagner et surveiller leurs enfants à l’intérieur et à l’extérieur du domicile.
Récemment, une association de parents d’élèves a appelé à la lutte contre les réseaux de trafic de drogues dans les établissements scolaires et à la prévention à travers l’implication de la société civile et des responsables des établissements scolaires. Selon l’Organisation nationale des parents d’élèves, les premières victimes des dealeurs et des narcotrafiquants sont les élèves en déperdition scolaire et qui ne trouvent pas de place pédagogique dans les centres de formation professionnelle. Raison pour laquelle, la société civile est appelée à organiser des campagnes de sensibilisation pour lutter contre ce fléau en prévenant les élèves. <