La mise était conséquente. Plus que les milliards de centimes que le Groupe Serport, nouvel actionnaire majoritaire de l’USM Alger, a injectés pour bâtir une équipe compétitive. C’est Anthar Yahia qui a été sollicité pour piloter ce projet de « long terme » qui a tourné court. En acceptant cette mission dans un environnement qu’il ne connaissait pas de l’intérieur, l’ex-international algérien se lançait dans un tunnel obscur. Il n’entreverra plus la lumière en se voyant remercié après 5 tests seulement pour l’équipe qu’il a tout juste commencé à façonner.

Anthar Yahia n’a pas eu la chose la plus précieuse et importante qui soit pour voir si sa pâte peut lever ou pas : le temps. Il a été condamné et « guillotiné » par le facteur « x » qu’est l’immédiateté. En Algérie, on veut tout et tout de suite. Surtout quand l’investissement est conséquent et provient du denier public.
L’ancien capitaine des « Fennecs » n’a même pas pu compter sur sa notoriété qu’il a bâtie 8 années durant avec la sélection. Notamment avec son but contre l’Egypte qui avait propulsé l’Algérie pour l’édition 2010 de Coupe du Monde après une absence de 24 ans. Yahia était (est toujours pour ceux qui sauront faire la part des choses) une sorte d’icône aux yeux de nombreux Algériens. Pas que pour les supporters de l’USM Alger qu’il a choisie pour essayer d’apporter quelque chose pour le football local. Mal lui en a pris tant on a pas pu en savoir plus sur sa compétence. Cependant, on s’est rendu compte qu’il n’y a pas eu convergence et compatibilité de mentalités.

Fichue Supercoupe !
Des détails ont scellé son destin. Un mercato que beaucoup n’ont pas validé avec des recrues qui n’ont pas donné satisfaction lors des premières sorties, des départs qui ont fâché comme celui du chouchou Muaid Ellafi sans oublier cette maudite Supercoupe d’Algérie perdue face au CR Belouizdad. Un revers qui l’avait mis en situation inconfortable et suite auquel il a été expéditivement jugé. D’autant plus que l’entraîneur, François Ciccolini, qu’il avait ramené, a été viré dans la foulée. L’histoire vous la connaissez, on ne va pas s’y étaler.
Le concours des circonstances n’a pas franchement arrangé Yahia puisque cette même rencontre entre le Champion d’Algérie 2018-2019 et le détenteur de la Coupe d’Algérie 2018 devait se jouer l’an dernier. Mais il en a héritée tel un cadeau empoisonné. Un succès dans le derby aurait pu donner un coup de peps et des reliefs à son arrivée. Mais la défaite change tout. Elle plombe tout.
L’ancien défenseur des « Verts » venait de commencer du mauvais pied. Les prochaines marches n’ont pas été montées avec succès. En championnat, les résultats n’ont pas arrangé les choses puisque les Usmistes n’ont glané que deux unités sur 12 possibles avec 0 succès. Un solde famélique qui l’a mis à découvert. La sonnette d’alarme a été tirée et, en tant que manager, il paye les pots cassés. C’est une manière de lui faire assumer les choix qu’il a faits.

Le divorce délicat et l’enjeu politico-sportif
On ne peut pas dire qu’Achour Djelloul, PDG de Serport, l’ait soutenu dans sa mission excepté le fait de lui avoir donné assez d’argent pour s’occuper du volet management. Mais cela est insuffisant. Yahia a été envoyé à la potence en précipitant le divorce. Face à ce verdict, le concerné compte bien se défendre et exige 648.000 euros en indemnités pour laisser les rênes managériales vacantes. Pour ceux qui savent comment se passent les choses, ce n’est -généralement- pas une bonne idée d’aller au bras de fer avec une entreprise étatique. Même quand on a un contrat en béton de trois ans.
Ainsi, Yahia risque de se mettre des décideurs à dos. Lui qui a été souvent présenté comme un potentiel président de la Fédération algérienne de football (FAF) ou encore un ministrable au département de la Jeunesse et des Sports (MJS). Cet épisode fâché peut le « tuer » sur le plan politico-sportif pour l’avenir. C’est l’autre enjeu caché d’un choix de carrière qui pèsera forcément sur son futur. Surtout si ça se termine en mauvais termes.n