Comme attendu, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a sanctionné l’USM Alger pour avoir refusé de prendre part au derby face au MC Alger samedi dernier. L’instance qui gère les deux championnats « pro » en Algérie a déclaré les Usmistes perdants sur tapis vert (0/3) en plus d’une défalcation de 3 autres unités assortie d’une amende de 1 million de dinars et la privation des droits TV de la rencontre. La direction du club n’a pas tardé de réagir en annonçant qu’elle compte « introduire un recours auprès des instances compétentes.» Le feuilleton vient tout juste de commencer.

Rien ne va chez les « gars de Soustara ». En boycottant le derby, les « Rouge et Noir » étaient déjà partis au bras de fer avec la LFP. Pour ne rien arranger, dans la foulée, n’ayant pas touché leur indemnités depuis 7 mois, les coéquipiers de Hamza Koudri ont décidé de geler leurs activités. Le team d’Alger est à l’arrêt total. Les malheurs ont suivi après que l’instance gérée par Abdelkrim Medouar a décidé de sanctionner le club sportivement et financièrement pour avoir zappé la rencontre de mise à jour face au « Doyen ». À l’ « Ittihad », certains ont perdu patience et d’autres la lucidité en provoquant des problèmes étant évitables si ce n’est l’excès de zèle et l’entêtement chez certains qui se sont cachés derrière des dispositions réglementaires. Ainsi, ils ont induit le team algérois dans un imbroglio qui ne fait qu’envenimer la situation et la rendre un peu plus tendue et complexe. Ce qui vit le champion d’Algérie sortant est très dangereux. Il pourrait même mettre son avenir en danger car le dossier du forfait reste très compliqué. Les responsables unionistes comptent bien contester les sanctions infligées par la LFP. Toutefois, il faut savoir que pour interjeter des recours, il faut de l’argent et les trésoreries sont vides. A titre d’exemple, pour aller au Tribunal arbitral du Sports (TAS) à Lausanne, il faut assumer des charges pouvant aller jusqu’à 100.000 euros.

Quel dossier pour se défendre ?
Hocine Achiou, ancien meneur de jeu des Algérois, a espéré, dans un entretien accordé au quotidien spécialisé Le Buteur, que « la direction détient un dossier en béton et pourra se défendre. Sur le plan réglementaire, je ne suis pas au courant du dossier de l’USMA mais il y a certainement un vide juridique avec cette date FIFA. Mais la direction veut encore boycotter le prochain match, c’est absurde.» L’auteur du but « Maradonnesque » contre l’Egypte lors de la Coupe d’Afrique des nations 2004 en Tunisie sait de quoi il parle. En effet, le sigle huit fois vainqueur de la Coupe d’Algérie n’est, bien que le règlement lui donne raison sur la forme, pas certain d’obtenir gain de cause dans cette affaire. Parce que sur le fond, il peut y avoir interprétation et vide qui le débouterait.  Pour rappel, le règlement de la compétition du championnat pro stipule, dans l’alinéa 29-3, que « le championnat de Ligue 1 s’arrête durant les dates FIFA et à chaque fois que l’Equipe nationale des locaux dispute une rencontre internationale.» En outre, dans l’article 29-4, il est indiqué qu’« un club peut demander le report d’un match s’il a plus de trois joueurs titulaires en équipe fanion convoqués par l’Equipe nationale olympique.» C’est cette dernière dérogation que l’USMA a voulu enclencher ayant 6 de ses joueurs engagés avec l’équipe nationale militaire (5) et la Libye (Ellafi). Or, la sélection de l’armée, qui va disputer le Mondial en Chine, est affiliée au Comité international du sport militaire (CISM) et non la FIFA. Un détail qui a, peut-être, été négligé. Cette affaire (très complexe) est à suivre.