La première pierre de l’usine Peugeot-Citroën Production Algérie (PCPA) sera posée aujourd’hui à Oran. Un moment fort pour ce projet qui a dû traverser une période de négociations de près de trois années entre le groupe français et le gouvernement algérien.
Il a été concrétisé après par un protocole d’accord signé entre les deux parties à Alger, en novembre 2017, pour la création de PCPA, avec les partenaires algériens, les sociétés Condor Electronics, Palpa Pro et l’Entreprise nationale de production de machines-outils PMO. Dans cette perspective, un terrain d’implantation a été attribué aux porteurs du projet dans la localité d’El Kerma, à Oran.
Mais les soucis n’étaient pas pour autant finis pour ces derniers, puisqu’ils allaient être priés, quelques mois plus tard, par la justice d’aller trouver un autre terrain pour leur usine, après la restitution de celui d’El Kerma à son propriétaire, un agriculteur qui avait plaidé la vocation purement agricole de ses terres. Ce qui a été fait, et PCPA a fini par bénéficier d’une autre parcelle de terrain de 120 hectares à Tafraoui, à Oran, dans le cadre de l’extension de la zone industrielle de cette localité. Et c’est sur cette parcelle que seront lancés officiellement, aujourd’hui, les travaux du site PCPA, alors que la livraison est prévue pour la fin du premier semestre 2020, période retenue également pour l’entame des activités. La construction de cette usine a été confiée, faut-il le rappeler, à l’entreprise SFMAI, établi à Oran et qualifié d’acteur régional incontournable dans le domaine de la construction industrielle. L’usine PCPA aura une capacité de production de 75 000 véhicules par an à terme, entre modèles Peugeot, Citroën, Opel et DS, selon le plan de charge présenté par le groupe français. Toutefois, ce dernier risque bien de revoir nettement à la baisse ses objectifs, maintenant que le gouvernement a décidé de revoir à la baisse l’importation des quotas de kits CKD-SKD servant à l’assemblage automobile. Ceci d’autant que PCPA a déjà fait cette révision, décidée au mois de mai dernier, en se voyant carrément exclu de la liste des usines autorisées par le ministère de l’Industrie et des Mines à poursuivre l’importation de ces kits pour le reste de l’année en cours. Quatre usines seulement figurent, en effet, sur cette liste, à savoir Renault Algérie Production, Sovac Production, Gloviz (Kia) et Tahkout Manifacturing Company (Hyundai), alors que PCPA n’a pu y être intégrée, même si elle commercialise, depuis déjà septembre dernier, la Peugeot 208, présentée comme étant assemblée à l’Académie Peugeot de Oued Tlelat (Oran).
Ceci étant, les mesures prises pour la réduction de la facture des importations de kits CKD-SKD, à travers un plafonnement à 2 milliards de dollars pour l’exercice 2019, sont « transitoires », et visent le « réajustement » de la balance des paiements, a indiqué, le mois dernier, la ministre de l’Industrie et des Mines, alors qu’elle s’entretenait avec l’ambassadeur d’Espagne en Algérie. Une précision à valeur de garantie à destination des investisseurs étrangers en Algérie, dont ceux opérant dans le secteur de l’automobile, à l’exemple de PSA, mais aussi Nissan, qui a obtenu son agrément auprès du Conseil national des investissements (CNI) et devrait commencer ses activités au même 1er semestre 2020, en partenariat avec le groupe Hasnaoui, dans une usine implantée elle aussi dans la capitale de l’Ouest, dans la zone industrielle de Bethioua.n