Synthèse Kahina Terki
Quatre-vingts pays se sont engagés, vendredi 18 novembre lors d’une conférence à Dublin, à respecter une déclaration soutenue par les Nations unies et la Croix-Rouge pour restreindre l’usage d’armes explosives dans les zones peuplées.
Selon l’accord, qui n’est pas contraignant, ces pays acceptent de réduire l’usage de ces armes dans les régions habitées pour protéger les civils vivant au milieu de conflits.
Tous les membres du G7 -notamment les Etats-Unis- ont accepté le texte, mais pas la Chine ni la Russie. La déclaration, finalisée à l’ONU à Genève en juin, est le résultat de trois années de négociations menées par l’Irlande. Le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney s’est alarmé, lors de la conférence, des «conséquences dévastatrices de l’utilisation d’armes explosives dans des zones peuplées». «Nous voulons que cette déclaration politique soit pertinente au vu des conflits actuels et futurs et envoie un message clair sur l’importance fondamentale de la protection des civils», a-t-il ajouté. «Pour la première fois sous cette forme, les Etats reconnaissent la gravité du problème et s’engagent à prendre des mesures concrètes pour y faire face», a réagi la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Mirjana Spoljaric. «Cela envoie un signal fort pour que les belligérants ne puissent pas continuer à se battre dans des zones peuplées comme ils le faisaient jusque-là. Ce changement de perspective est crucial», a-t-elle ajouté.
Les Nations unies et le CICR appellent depuis des années les pays à prendre des mesures pour protéger les civils vivant dans des zones de conflit. Selon des données de l’ONU sur les conflits des dix dernières années, 90% des victimes d’explosifs dans des zones urbaines sont des civils et 10% sont des militaires. «Quand des civils sont bombardés, ils ne perdent pas seulement des vies, des villes, des maisons, mais aussi leur futur», a souligné lors de la conférence Nujen Mustafa, une réfugiée syrienne qui a quitté Alep pour l’Allemagne. «Je vous encourage à respecter votre engagement, car les gens qui vivent en zone de conflit qui ont été victimes d’armes explosives ont besoin et méritent plus qu’un engagement écrit, ils méritent qu’on agisse», a-t-elle ajouté. n