Par Hamid Bellagha
Le ministre de la Santé n’a sans doute pas fini d’avoir des coups de gueule à l’adresse des responsables de la santé de wilaya. A chaque visite, notamment au niveau des services des Urgences, Abderrahmane Benbouzid aura constaté la déliquescence dans lequel se trouve le poumon des CHU. Des instructions ont été adressées aux différents responsables pour donner une meilleure image de la vitrine des centres de santé. Mais avec des habitudes indécrottables de laisser-aller, le message ou les injonctions du ministre étaient toujours classées dans les tiroirs de l’oubli.
Il faut remonter au début de ce mois de mai, où le ministre de la Santé avait donné un ultimatum de 15 jours aux responsables «pour l’amélioration de la qualité des services au niveau des Urgences», une épée de Damoclès comme avertissement. Cette injonction faisait suite à la réunion avec les directeurs de santé après que le ministre de la Santé ait remarqué l’état dans lequel se trouvaient certains services des Urgences au niveau de certains établissements hospitaliers.
Puis il a fallu que les réseaux sociaux publient une vidéo choquante de la réalité des Urgences du CHU d’Annaba pour que Benbouzid réagisse épidermiquement et mette fin aux fonctions du premier responsable, déjà averti auparavant. En outre, le premier garant de la santé a exhorté tous les responsables de la santé à travers toutes les wilayas à accélérer la livraison des structures sanitaires réalisées.
Pour cela, «le travail et les performances des différents gestionnaires seront évalués et des mesures seront prises en fonction des résultats», une sorte de contrat de performance, la plus célèbre des arlésiennes dans la gestion des entreprises publiques.
Abderrahmane Benbouzid avait pareillement renforcé la nécessaire maîtrise de la maintenance, avec une prise en charge et une orientation idoines des malades, tout en prônant l’hygiène en fonction des standards mondiaux. Le problème des gardes devait être réglé avec la formation de dizaines de médecins généralistes pour venir au secours du service des Urgences. Tout cela est resté, apparemment, lettre morte, d’où le énième coup de gueule du ministre.
Mais avec les retards pris dans la réalisation et la non-livraison des structures de santé, Benbouzid frôle sûrement la syncope avec le cas très édifiant en la matière, à savoir le centre anticancéreux de Constantine, qui devait être livré il y a 14 ans. Plus de dix directeurs du CHU local et autant de directeurs de la santé, et sans doute de ministres de la Santé, sans oublier des tas d’avenants, et le projet est toujours au stade de… projet. Et rien ne promet une prochaine livraison !