Au lendemain du grand oral du gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal, devant les députés de l’Assemblée nationale, auxquels il déroulait le rapport annuel 2015 et les neuf premiers mois de 2016 sur l’évolution économique et monétaire du pays, le rythme des mesures de restrictions ou d’interdictions d’importation de biens qu’est en train de prendre le gouvernement s’accélère pour réduire la facture.

Et pour cause, les indicateurs macroéconomiques sont dans le «rouge», et les cours de l’or noir ne sont définitivement pas – plus – une planche de salut pour « colmater » les manques à gagner.
Surtout, il est devenu urgent pour les pouvoirs publics de réduire la vitesse à laquelle les réserves de changes du pays s’amenuisent.
Gel des domiciliations bancaires pour les opérations d’importation de différents biens de consommation, des agrumes, des légumes frais, suspension de licences d’importation ou de lignes de crédits sont autant d’actions qui témoignent de la détermination du gouvernement d’arrêter la saignée de devises fortes au moment où les positions financières du pays deviennent de plus en plus vulnérables.
S’il en fallait une preuve, il suffit, une nouvelle fois, revenir de à l’exposé du patron de la Banque centrale portant sur les neufs premiers mois de 2016. Maîtriser le commerce extérieur et l’assainir du superflu et de tous les phénomènes – transfert illégal de devises, fraudes, surfacturations qui gravitent autour du métier de l’importation.
A travers la suspension des domiciliations bancaires pour certaines opérations d’importation, il est question de mettre en place un instrument efficace pour endiguer la « folie » importatrice, au comportement souvent antiéconomique.
Il n’est pas exclu d’ailleurs que le gouvernement décide d’élargir la liste des produits interdits à l’importation, surtout s’ils sont fabriqués localement.
Bien plus, on commence à parler du retour du monopole de l’Etat dans l’importation de certains produits pour limiter les sorties de devises et venir à bout des spéculations et des fléaux qui se greffent sur les métiers de l’importation.