L’inquiétante épizootie qui touche treize wilayas du pays, les plus importantes en matière de cheptel au niveau national, est à prendre au sérieux. Les spécialistes, même dans un ton discordant, tirent la sonnette d’alarme.

Cependant, pour y faire face, la communication, comme toujours, fait défaut. Les autorités ont beau préciser qu’il sera mis un vaccin spécial à la disposition des éleveurs «au cours de ce mois», l’approximation dans l’annonce de la date pourrait ajouter à l’angoisse. Le fait qu’environ 2 000 têtes aient déjà été décimées en raison de ces foyers ajoute à l’inquiétude. Les services agricoles et les inspections vétérinaires à travers les wilayas concernées ainsi que les organisations des éleveurs suivent avec craintes la situation et se posent les questions légitimes de l’indemnisation.

Les éleveurs ont fait part de leurs préoccupations concernant la protection de leur richesse animale, voire l’avenir de régions entières dont le socle économique repose sur l’élevage. Ils ont réclamé une assistance dans les plus brefs délais pour éviter la perte de leur cheptel. Les wilayas steppiques qui disposent de millions de têtes d’ovin, à l’image de Djelfa, El-Bayadh, Saïda et de Naâma demeurent stratégiques.
La série de mesures consistant à intensifier le contrôle sur le mouvement de tous les ovins à l’intérieur et à l’extérieur du pays notamment au niveau des frontières deviennent impératives. La décision de fermeture temporaire des marchés de bétail et le contrôle de leur déplacement risque pourtant d’avoir des effets négatifs sur les produits de la viande rouge. En attendant d’y voir plus clair les pouvoirs publics ont ordonné l’accélération de l’achat des vaccins existants.
Celui des petits ruminants disponible auprès de tous les laboratoires. Et celui de la fièvre aphteuse auprès des laboratoires internationaux spécialisés. Il y a, en effet, urgence non seulement à juguler les maladies menaçant directement le cheptel mais aussi à essayer de comprendre l’apparition inédite de ces épizooties en Algérie.