La chute drastique des prix du pétrole sonne manifestement l’alerte auprès des autorités, qui n’ont pas ainsi tardé à réagir. Une réaction empreinte d’inquiétudes et d’une nécessité d’abandonner les mauvaises recettes de gestion.
C’est visiblement ce qui ressort de la réunion qui prend les allures de l’urgence et qui a regroupé le Président de la République, le Premier ministre, les ministres des Finances, de l’Energie, de l’Industrie et des Mines, de l’Agriculture et du Développement rural, du Commerce, le gouverneur de la Banque centrale, ainsi que le directeur de cabinet et le secrétaire général de la présidence de la République.
A l’évidence, il a été question d’orientations pour faire face à une conjoncture incontestablement difficile, mais face à laquelle « l’Etat dispose des moyens nationaux pour y faire face ».
C’est ainsi que le communiqué sanctionnant cette réunion annonce la présentation « immédiate » d’une première loi de Finances complémentaire pour lever certaines
« incohérences » de la loi de Finances 2020.
Objectif annoncé : inclure des mesures à même de contrer les effets financiers générés par la crise actuelle et recouvrer les recettes fiscales et douanières non perçues.
Le premier magistrat du pays a fait part, par la même occasion, de son « rejet » de tout recours à l’endettement et au financement non conventionnel.
De quoi ainsi conclure à une conjoncture plus qu’inquiétante. Mais qu’il faudrait transformer en une opportunité, celle de lancer les fondements d’une économie réelle loin des logiques de la rente qui ont prévalu jusque-là.
Le pari peut paraître difficile à réaliser devant une cascade de déficits notamment structurels. S’il y a indéniablement des soucis à nourrir suite à cette évolution qui risque de piétiner une économie déjà mise à mal, cela constitue en revanche un avertissement sérieux pour la gestion des affaires publiques du pays.
Avec cet impératif, sinon l’urgence, de rompre définitivement avec un mode de gestion qui a maintenu le pays en état de sous-développement alors que les potentialités de développement ne manquent pas.
Il s’agit en réalité de se mettre sur la bonne voie. La contrainte dans ce cas-là peut être accueillie avec un mot de bienvenue.