Considérés comme la force tranquille du mouvement populaire, les étudiants, qui maintiennent leur mobilisation aussi forte que le premier jour, semblent avoir repris le chemin des amphis après avoir longtemps paralysé la majorité des universités algériennes.

En effet, après avoir décrété une grève générale dans la totalité des universités sur l’ensemble du territoire national, en soutien au mouvement populaire, certains établissements ont même été cadenassés comme cela a été le cas à El Oued, les étudiants ont su se montrer raisonnables en optant pour une grève partielle d’une journée durant la semaine avec une participation active au Hirak. C’est le cas des étudiants de l’université des Sciences et de la Technologie Houari-Boumediène de Bab Ezzouar qui, après de nombreux jours de débrayage, ont décidé de reprendre les cours cette semaine avec 52% des votes lors de la dernière assemblée générale. Pareil à l’université Benyoucef-Benkhedda Alger 1 où ils ont aussi été favorables à la reprise des cours alors qu’ils étaient divisés ces dernières semaines, ce qui n’avait pas manqué de créer des tensions. A la nouvelle faculté de médecine, la grève est toujours d’actualité, mais ne concerne que quelques classes de 1re et 2e années notamment. Même situation à l’université d’Alger 2 Bouzaréah où les étudiants demeurent divisés sur ce point mais plus qu’unis pour le mouvement populaire. « Ce qu’ont accompli nos étudiants est remarquable, ils ont été le moteur du mouvement populaire et c’est à eux que l’on doit sa longévité. Ils ont su, et à chaque moment de faiblesse, réanimer le mouvement en réinjectant une dose de motivation à la population. Je pense qu’il faut leur laisser, à eux seuls, leur trajectoire, car, ce sont eux qui ont décrété la grève pour des raisons biens claires. Ils ont montré qu’ils étaient responsables, donc ce n’est pas à la tutelle de leur imposer un retour à la fac, cela ne fera que les éloigner encore plus des amphis », a indiqué M. Azzi, coordinateur national du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes).
Pour le jeune Amine Lassal, étudiant à l’Ecole supérieure d’informatique, la mobilisation doit à tout prix continuer afin d’empêcher l’organisation des élections. «Le régime actuel, à savoir l’Armée, pratique la politique de la sourde oreille face aux revendications du peuple. Elle a même tenté de distraire en organisant les procès des anciens responsables. Mais nous sommes loin d’être dupes, ils doivent tous dégager et abandonner cette mascarade qui est l’organisation des élections. Si Gaïd Salah s’obstine, nous allons nous obstiner encore plus, à l’algérienne », a-t-il déclaré. Pour ce qui concerne la reprise des cours au sein de l’ESI, notre interlocuteur a affirmé qu’ils ont opté pour une grève d’une journée durant la semaine. «Nous avons été très enthousiastes au début en mettant tout entre parenthèses, y compris les cours, mais après réflexion, il est préférable pour tous de passer à une journée seulement, tout en maintenant la marche hebdomadaire du mardi qui est devenu un véritable rituel pour chaque étudiant algérien. Nous allons continuer à sortir même au-delà du 4 juillet et cela jusqu’à concrétisation des revendications des Algériens. »n