PAR MILINA KOUACI
Même si le rassemblement de protestation des titulaires de doctorat et de magister qui devait avoir lieu hier a été reporté à une date ultérieure, en raison de la chute de neige et des perturbations sur les routes, la Coordination qui a appelé à ce sit-in demande le recrutement direct et exprime son refus catégorique au travail par contractualisation.
La Coordination nationale des titulaires de doctorat et de magister est revenue à la charge alors que l’opération de recensement des diplômés de doctorats et de magister, à laquelle a appelé le ministère de tutelle, prend fin dans deux jours. Ces derniers expliquent que les détenteurs d’un doctorat et de magister sont titulaires de postes reconnus par la loi, et obtenus suite à un concours national après que les universités aient exprimé leurs besoins en matière d’enseignants chercheurs. «Nos postes ont été confisqués», dénonce la Coordination. Ce qui explique, à ses yeux, «le manque flagrant» constaté dans l’encadrement pédagogique et scientifique des établissements universitaires. Cette corporation demande, ainsi, l’application du décret exécutif 98-254 relatif à la formation doctorale, à la post-graduation spécialisée et à l’habilitation universitaire. En effet, l’article 15 dudit décret stipule que les spécialités ouvertes en formation doctorales doivent être en adéquation qualitative et quantitative avec les besoins par filière et sous filière en enseignants universitaires et chercheurs. Elle refuse l’alternative de «contractualisation», considéré comme une «forme d’exploitation de l’élite universitaire» qui a longtemps subi les heures supplémentaires. Les titulaires de doctorat et de magister expriment, par ailleurs, leur «rejet» à la promotion des diplômés de doctorats dans les autres secteurs, car le principal objectif pour lequel ils militent est «la récupération de leurs postes et le recrutement direct dans les universités et centres de recherches». Récemment, deux députés ont adressé une question écrite au ministre de tutelle sur cette corporation. En effet, le député du groupe parlementaire des indépendants Abdelkrim Bouanani a interpellé le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique sur le sort de plus de 20 000 titulaires de doctorat dans différentes spécialités, qui sont en «proie au chômage», alors que le titulaire d’un doctorat a «la priorité dans le recrutement pour sa possession d’un diplôme des hautes études. Egalement, le député du MSP, Khadidja Belkadi, s’est interrogé si le recensement des titulaires de doctorat et de magister est le «prélude à une solution graduelle» à cette problématique. Ce recensement a-t-il une liaison directe avec les besoins des enseignants permanents dans l’université algérienne, s’est interrogé la députée, qui estime que l’université a besoin de son élite. Il y a lieu de rappeler que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a fait part de l’élaboration d’une loi qui permettra aux titulaires de magister et de doctorat d’accéder à l’environnement socio-économique, mais les concernés affichent un «refus catégorique» et manifestent leur attachement à la revendication de «recrutement direct», en qualité d’enseignants-chercheurs. <