Les violences contre les enseignants ont été perpétrées par des « personnes étrangères » lors de l’élection du bureau du CNES.

En effet, une agression a été commise contre des professeurs d’université par plus d’une dizaine de personnes « étrangères à l’université ». L’incident est survenu jeudi dernier à la faculté des sciences politiques et de l’information, à l’université d’Alger 3, durant une assemblée générale pour l’installation du bureau du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes).
Bien que la situation restait hier encore confuse, l’enseignant universitaire Louisa Aït Hamadouche, qui avait alerté la presse sur cette agression, a témoigné qu’un «groupe de jeunes a fait irruption dans la salle des enseignants où nous étions réunis et a violenté des enseignants dont un a été blessé à la main». L’agression a été filmée par des témoins et rapidement diffusée sur Internet. On y voit une altercation puis une personne évacuée inconsciente de la salle des professeurs. D’autres sources soulignent qu’au moins deux personnes ont été blessées, dont le coordinateur du Cnes à l’université d’Alger 3, Mohamed Rezi, touché à la tête. Quant aux causes de l’incident, elles seraient dues à une divergence de points de vue à propos des procédures visant l’élection du bureau du Cnes. Selon Louisa Aït Hamadouche, les agresseurs «nous ont dit qu’on n’avait pas le droit d’installer un bureau du Cnes vu qu’il existe déjà». Ajoutant que la dizaine de personnes, entrée dans l’enceinte de l’université en présentant des cartes d’étudiants délivrées par d’autres universités, a également subtilisé la liste des votants. «La liste des votants ne leur a pas échappé, elle est en leur possession». Mme Aït Hamadouche a déclaré, dans les colonnes de notre confrère El Watan, que cette agression est «un précédent désastreux, pas seulement pour l’université, les universitaires, les étudiants et tous ceux qui y travaillent, mais pour l’ensemble du pays». «La banalisation de la violence n’a plus de limite et cela n’a été rendu possible que parce que les passe-droits, l’impunité et la clientélisation ont, eux aussi, atteint des niveaux scandaleux». Mais l’incident de jeudi est loin d’être un précédent. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’agression se produit dans l’enceinte des universités. En effet, le 13 décembre 2016, à l’université de Bouira, une enseignante, Yekhlef Djamila, a été agressée par un étudiant, de plus récidiviste. Le 9 janvier dernier, c’est au tour de Hamid Rabah d’être agressé en plein cours sans que l’agresseur soit interpellé ni passé en commission de discipline, comme le stipule la loi. Demain, dimanche, les enseignants prévoient de tenir à l’université d’Alger 3 où se trouve la faculté de Sciences Po une assemblée générale pour étudier la conduite à tenir après cette affaire.