Toujours aussi déterminés, les étudiants en pharmacie, en grève depuis déjà quatre mois, ne veulent rien lâcher et radicalisent leur mouvement de protestation avec des marches dans l’enceinte des facultés. Hier, l’ensemble des étudiants de l’université Saâd-Dahled de Blida ont exprimé leur soutien aux étudiants en pharmacie en faisant une marche à l’intérieur de l’université qui a pris fin face au bureau du recteur. « Encore une fois, le ministre nous a servi des promesses sur papier. A quand des actions ? », s’est interrogé l’un des protestataires. 

« Cette fois, nous avons compris que la grève à elle seule ne suffira pas. Aussi, nous avons décidé de marcher pour dire notre ras-le-bol des promesses. Il s’agit de notre avenir et nous ne reculerons pas », a déclaré un étudiant en pharmacie du département de Blida. Parallèlement, les étudiants en pharmacie, soutenus par ceux en chirurgie dentaire et d’autres départements, ont entamé « une marche de dignité » à Tizi Ouzou. « Nous avons décidé de former deux groupes. Ceux qui vont faire le déplacement jusqu’à Tizi Ouzou et ceux qui vont aller à Blida. Cette action a été décidée suite à la maltraitance dont nous avons été victimes mercredi passé par les forces de l’ordre. Ajoutez à cela le communiqué non signé du ministre de la Santé », nous a affirmé Ahmed, étudiant en pharmacie.
En effet, les grévistes ont tenté le 22 février dernier de tenir un sit-in à la place du 1er-Mai afin d’attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités. Malheureusement, les forces de l’ordre étaient aussi au rendez-vous et ont violemment réprimé les protestataires. Très vite, des vidéos filmant des agents des forces de l’ordre en train de frapper des étudiants ont envahi les réseaux sociaux, suscitant l’indignation des citoyens. Afin d’éviter la polémique, le ministre de l’Intérieur a instruit la DGSN d’ouvrir une enquête sur les dépassements de certains de ses éléments. Le lendemain de l’incident, le ministre de la Santé a convoqué les représentants des étudiants à une réunion qui a débuté à 17H et pris fin aux alentours de 20H. A l’issue de cette rencontre, le ministre a annoncé une série de mesures qui vont être prises pour la satisfaction des revendications des étudiants.
Ces mesures ont été rapportées noir sur blanc sur le communiqué du ministère de la Santé rendu public samedi dernier. Parmi les décisions prises, la création du poste de pharmacien assistant via un décret, l’installation de pharmaciens dans l’ensemble des établissements de santé et la formation de 180 inspecteurs pour les inspections de pharmacie. Hélas, les grévistes ont noté que le document ne portait ni la signature ni le cachet du ministre. « Ce document n’est pas valable à nos yeux. On exige un autre communiqué signé et l’application des décisions », a déclaré Ahmed, étudiant en pharmacie. Visiblement pas près de rejoindre les amphis, les étudiants en pharmacie comptent aller au bout de leur combat, quitte à aller vers une année blanche. Certains étudiants parlent même de « démission générale » des étudiants qui ont restitué à l’administration leur carte d’étudiant.