C’est un véritable pari que vient de lancer le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de faire vacciner 2 millions de personnes parmi le personnel des universités entre enseignants, étudiants, agents… avant le coup d’envoi de l’année universitaire 2021-22 prévu le 3 octobre prochain.

PAR NAZIM B.
C’est d’autant plus difficile que l’ensemble des universités comptent plus d’une carence et des défaillances organisationnelles à la pelle qui se sont accentuées dans le contexte de crise sanitaire. Il va sans dire que les universités auront fort à faire pour pouvoir accomplir une telle mission dans un temps relativement court. C’est la raison pour laquelle le premier responsable du secteur, Abdelbaki Benziane, veut sensibiliser la communauté universitaire. Il a exhorté, dans ce sens, les directeurs d’établissement à l’effet «d’accélérer le rythme de la vaccination» anti-Covid-19 en coordination avec les directions de santé de wilaya.
M. Benziane a donné, lors d’une réunion de concertation avec les syndicats professionnels du secteur et des organisations estudiantines, des orientations qui portent sur «l’élaboration d’un programme de vaccination au profit des membres de la famille universitaire qui représente plus de 2 millions de personnes» avant la reprise des cours le 3 octobre prochain. Il a assuré, par la même occasion, que le département de la santé «a accepté de fournir les doses nécessaires pour tous les enseignants, étudiants et travailleurs», invitant les représentants des syndicats professionnels et des organisations estudiantines à «contribuer dans l’opération de sensibilisation de toute la famille universitaire à l’impératif de se faire vacciner afin d’atténuer l’incidence de la pandémie et favoriser le retour des activités universitaires».
Pour M. Benziane, «l’expérience acquise de la pandémie ces deux dernières années oblige le secteur à suivre un mode de gestion autre sur la base du protocole sanitaire pour la gestion des établissements universitaires», relevant avoir demandé aux directeurs d’établissement de «s’appuyer sur le protocole sanitaire pour élaborer celui pédagogique de chaque établissement en l’adaptant en fonction de la situation épidémique».
Or, des témoins, entre les enseignants et les étudiants, font état, notamment dans certains établissements, de ce qu’ils considèrent comme «une violations des exigences pédagogiques» durant l’année écoulée marquée, selon eux, par la programmation d’examens alors que des enseignants n’avaient assuré aucune séance de leur module, ni en présentiel ni à distance. Pire encore, un enseignant n’avait pas contenu sa colère, exprimée sur les réseaux sociaux, quand il apprend que le conseil scientifique du département où il exerce «a validé la proposition de supprimer la soutenance des étudiants en master 2 sous prétexte de la crise sanitaire, invitant les étudiants candidats à déposer leurs mémoires sans le présenter devant un jury comme l’exige la réglementation».
C’est dire combien la pédagogie a été sacrifiée sous prétexte, abusivement évoqué, de la crise sanitaire. La responsabilité des enseignants et de la tutelle est entièrement engagée dans ce registre.
Pour cette nouvelle année, l’encadrement pédagogique sera renforcé, selon le ministre, par l’ouverture de 1 655 postes budgétaires de recrutement externe d’enseignants assistants de catégorie B et de 429 postes budgétaires d’enseignants assistants hospitaliers.
En ce qui concerne les œuvres universitaires, le ministre a réitéré l’engagement de son secteur à fermer les résidences universitaires qui connaissent «une grande détérioration dans leurs parties et à dispatcher les étudiants vers les autres résidences, dont notamment les nouvelles». Il a indiqué, à ce propos, que «jusqu’à présent, il a été procédé à la fermeture de 7 résidences universitaires en vue de leur rénovation», énumérant de nouvelles acquisitions en infrastructures en mesure de contribuer dans l’application du protocole sanitaire.
M. Benziane a cité, entre autres, le lancement d’une opération d’équipement de 11 restaurants centraux, de 25 000 lits au niveau de 10 résidences universitaires, l’équipement de 6 500 lits au niveau du pôle universitaire technologique à Sidi Abdallah (Alger), de 1 500 à Tizi Ouzou et de 500 lits dans la wilaya d’El Bayadh.
En tout état de cause, c’est bien une rentrée particulière que prépare le département de l’Enseignement supérieur dans des universités qui battent de l’aile et dans lesquelles il faudrait désormais assurer un protocole sanitaire strict qui passe par la vaccination du personnel. <