Près de cinq mille étudiants auxquels se sont joints quelques enseignants et travailleurs de l’université Mouloud-Mammeri ont marché hier pour dénoncer le climat de violence et d’insécurité qui règne dans l’environnement direct de l’université et qui affecte la vie des étudiants à l’intérieur des enceintes universitaires.

Cette action de protestation a été initiée par un collectif d’étudiants pour dénoncer l’insécurité et dénoncer le meurtre de l’un des leurs non loin du portail de l’université. « Suite à l’émoi et au traumatisme engendré par cet odieux et effroyable assassinat de notre cher et regretté camarade Djamal Souak, le 3 février dernier, en face de la résidence universitaire HasnaoauaI, nous avons l’obligation morale et humaine de réagir et dénoncer fermement la gravité de cet acte barbare qui a coûté la vie d’un étudiant dont le seul tort est de se retrouver innocemment au mauvais endroit et au mauvais moment». Des faits qui confirment, selon les termes de la déclaration des étudiants, « l’insécurité généralisée et institutionnalisée ». « Je suis Djamel », prénom de l’étudiant assassiné, « Mobilisation pacifique pour une justice équitable », « Les jeunes aspirent à une vie sans peur ni crimes », « Je veux évoluer et vivre en toute sécurité », « La sécurité est la première des libertés mais l’insécurité est la première des inégalités » sont les principaux slogans proclamés sur des banderoles brandies par les marcheurs qui ont arpenté en silence l’itinéraire de la marche qui a débuté devant le portail du campus Hasnaoua pour prendre fin devant le siège de la Cour de Tizi Ouzou où la protestation a pris fin après la lecture d’une déclaration par un représentant des étudiants pour qui l’assassinat de leur camarade qui est survenu en dehors du campus «confirme l’insécurité, le climat maffieux qui guette la stabilité et la prospérité de l’UMMTO. Une démarche qui vise à clochardiser l’université. » Toute en soulignant « l’échec des services de sécurité », les rédacteurs de la déclaration considèrent que la dégradation des conditions de sécurité environnantes et au sein des sites universitaires est « la résultante inévitable du laisser-aller des autorités concernées (d’où) ces agissements irresponsables qui entravent notre volonté d’évoluer en paix dans la société », regrettent les étudiants. En plus des étudiants et des enseignants, la marche a été marquée par la présence des membres de la famille du défunt, en l’occurrence son oncle et sa mère qui a tenu à remercier tous les présents ayant pris part à cette action organisée en hommage à son fils. « Je remercie tout le monde d’être venu nombreux en ce moment. Djamel n’est pas mon enfant, mais de toute l’Algérie. Il était innocent de cet acte. Je prie Dieu de nous aider à surmonter cette douleur », a-t-elle dit. De son côté, la mère d’une autre victime Abdellah Rehali poignardé, au niveau du nouveau lycée Abane-Ramdane, en 2016, était présente aux côtés de la famille de Djamel. Elle a exigé le durcissement des peines à l’encontre des auteurs de ce genre de crimes. «Je demande un pourvoi en cassation à l’encontre des mis en cause de l’assassinat de mon enfant, dont l’un a été condamné à 20 ans de prison ferme et deux autres ont été acquittés.»
« Aujourd’hui, c’est Djamel, et demain ce sera nous les victimes de ces assassinats», ont conclu les étudiants.