La ville de Tizi Ouzou a été, dans la matinée d’hier, lundi, le théâtre d’une grande marche organisée conjointement entre les étudiants en pharmacie et ceux de médecine. Une véritable démonstration de force de plusieurs centaines d’étudiants déterminés venus de plusieurs wilayas du pays, notamment d’Alger, Blida, Oran, Constantine, Sidi Bel Abbès, Setif, Batna, Annaba et de Tizi Ouzou.

Les étudiants en pharmacie conjointement avec ceux de médecine dentaire d’une dizaine de facultés du pays ont en effet marché, hier, pacifiquement dans les rues de la wilaya de Tizi Ouzou afin de dénoncer la répression des forces de l’ordre lors de la tenue de leur rassemblement à
Alger organisé mercredi dernier. Une attitude qu’ils ont qualifiée d’« acte barbare » mené à l’encontre des élites de l’université algérienne. Ainsi, ils ont déploré la politique de fuite du département d’Abdelmalk Boudiaf pour la concrétisation de leur plateforme de revendications pédagogiques et socioprofessionnelles. Pis encore, la Coordination nationale des étudiants en médecine dentaire (Cnemd) menace d’aller vers une grève de la faim à partir du 7 mars prochain. Tout en appelant le gouvernement à organiser une réunion interministérielle avant de radicaliser leur protestation.
Après avoir été violemment interpellés par les policiers à Alger, plus de 200 étudiants en pharmacie et chirurgie dentaire se sont déplacés à Tizi Ouzou pour prendre part à cette marche nationale et exprimer leur colère quant au recours à la violence menée à leur égard par les policiers, alors qu’ils organisaient un rassemblement pacifique devant le Palais du gouvernement. Cette marche nationale pacifique s’est ébranlée de la faculté de médecine de l’université Mouloud-Mammeri, en passant par la rue Lamali-Ahmed et la grande rue pour rejoindre le siège de la Direction locale de la santé et de la population (DSP) et rallier le siège de la wilaya. « Nous n’accepterons jamais d’être tabassés par les policiers. Non à la répression, non aux actes du système algérien qui essaye d’étouffer ce mouvement de lutte légitime avec des tutelles qui veulent dévaloriser notre statut d’étudiant libre au lieu de se chercher à trouver des solutions satisfaisantes pour placer l’université algérienne à un haut niveau », a dénoncé M. Aïssa, étudiant en chirurgie dentaire. Ainsi, enchaîne-t-il, « nous sommes là pour demander l’application effective des promesses faites par notre tutelle, en 2011, portant la promotion à la catégorie 16 pour l’attribution du diplôme de docteur en médecine dentaire.
Ils sont venus de différentes wilayas, Oran, Blida, Sétif, Alger, Annaba, Constantine, Batna, Sidi Bel Abbès… Les marcheurs ont brandi, tout au long du chemin, des banderoles sur lesquelles nous pouvons lire : « Halte à la hogra des étudiants », « Nous demandons le pardon ». Ils criaient haut et fort : « On est des médecins, on n’est pas des assassins ». Ou encore « Tous solidaires, pharmacie chirurgie-dentaire ».
De leur côté, les étudiants en pharmacie, en grève depuis trois mois, précisément du 22 novembre dernier, ont remis en cause les résultats qui ont fini en queue de poisson des réunions bilatérales qui les avaient regroupés avec le Premier ministre ainsi que celles avec le ministre de la Santé qui a eu lieu jeudi dernier. « C’est de la poudre aux yeux. Nous avons sollicité notre ministre de tutelle et les représentants ayant pris part à cette réunion ne représentaient qu’eux-mêmes et non les étudiants en pharmacie. Nous exigeons la révision réelle de la réforme des études de docteur en pharmacie et la limitation de postes pédagogiques pour l’accès aux études de docteur et ce, en fonction du marché de travail. Aussi, le passage de la 13e à 16e catégorie, sur la grille des salaires en faveur de l’ensemble des pharmaciens employés dans le secteur public et privé et la mise en vigueur des lois régissant le recrutement des pharmaciens assistant dans les officines». Les marcheurs des deux spécialités étaient unanimes à réclamer la revalorisation de leur formation pédagogique pour qu’ils puissent assurer un travail de qualité de la santé.
Pour rappel, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nourredine Bedoui, a annoncé, lors de sa visite de travail effectuée jeudi dernier à Tizi Ouzou, que la DGSN a été instruite à ouvrir une enquête sur cette supposée répression.