Le bénéfice du doute accordé par la délégation des enseignants au recteur de l’université Alger-3, Rabah Cheriet, a été consommé. Et pour cause ! Les professeurs de la faculté de sciences politiques devaient être les hôtes du recteur qui leur avait promis de les recevoir hier à 14H, après un premier rendez-vous manqué . Or, la rencontre à Ben Aknoun a été encore reportée sans explication du concerné. « La délégation, qui devait prendre part aux négociations, s’est présentée à la faculté mais nous avons appris sur place que le recteur se trouvait à une réunion régionale avec d’autres recteurs », nous a déclaré Louiza Aït Hamadouche, enseignante à la même faculté. « Nous avons tenté de contacter le recteur pour avoir plus d’informations. Mais pour l’instant, aucun autre rendez-vous n’a été fixé pour entamer les négociations », a indiqué notre interlocutrice. Avant d’ajouter que le comité de dialogue désigné par une assemblée générale pour négocier avec le recteur tient pour « responsable M. Cheriet du manque de dialogue » et l’accuse de pratiquer la politique de la fuite en avant. « Pour nous, à ce stade, il est clair que le recteur est seul responsable de l’absence de dialogue. Nous avons engagé le dialogue avec lui à deux reprises et sa réponse est la même, la fuite en avant », explique-t-elle. D’ailleurs, Mme Aït Hamadouche déplore l’attitude de « mépris » que semble afficher le recteur vis-à-vis des enseignants : « Si je devais qualifier ce comportement, je dirais qu’il est méprisant envers nous, les enseignants. » Et de nous informer que ce jeudi, une assemblée générale se tiendra au sein du département de sciences politiques pour discuter de la marche à suivre, même « si la reprise de la grève est le seul schéma qui se dessine », affirme-t-elle. Le comité de suivi de la grève des enseignants a, quant à lui, rendu publique une lettre ouverte au président de la République pour solliciter son « intervention urgente ». Dans cette lettre, dont nous détenons une copie, le comité de suivi de la grève des enseignants exprime son incompréhension face au silence des autorités concernées. « Nous avons reçu le soutien de la famille universitaire, des étudiants, des parents d’étudiants… Et nous leur exprimons toute notre reconnaissance et notre gratitude. Alors, Monsieur le Président, pourquoi n’avons-nous rien reçu des autorités officielles ? Comment devons-nous interpréter le silence assourdissant des autorités concernées et sollicitées à maintes reprises ? », écrit-il. « C’est en votre qualité de magistrat suprême du pays, garant de la sécurité physique du peuple algérien et de son intégrité morale que nous [en appelons] à votre intervention urgente », poursuit le comité. « L’université doit impérativement être sauvée de l’instrumentalisation, du non-droit et de l’impunité, car l’Algérie ne sera pas sauvée si ses universitaires sont sacrifiés. » Et de rappeler les faits à l’origine de leur appel, l’agression dont ils ont fait l’objet le 16 février au sein même de l’université alors qu’ils préparaient une assemblée.