Prévue dans la nouvelle Constitution, adoptée en 2016, l’Académie de la langue amazighe a vu enfin le jour avec la nomination de son président en la personne de Mohamed Djellaoui. Le professeur est doyen de la faculté des lettres et langues à l’université Akli-Mohand-Oulhadj de Bouira.

L’Académie de la langue amazighe, tant attendue, compte aussi une quarantaine de membres désignés à la faveur d’un décret présidentiel, rendu public lundi dernier et coïncidant avec le lancement officiel des festivités de Yenayer. Au département de langue et culture amazighes de l’université Akli-Mohand-Oulhadj, où nous nous sommes déplacés hier, des étudiants tout comme des enseignants, avec qui nous nous sommes entretenus étaient presque unanimes à dire que «c’était l’homme qu’il faut à la tête de cette académie».
«Le Pr Djellaoui est connu. C’est une personne humble et toujours à l’écoute de nos préoccupations lorsqu’il était à la tête du département», dira Hocine, un étudiant au Dlca, qui n’a pas hésité à rappeler les événements ayant secoué dans le passé le campus universitaire et notamment le Dlca. «Nous étions toujours soutenus dans nos actions en faveur de la promotion de la langue tamazight», notamment par le professeur Djellaoui, a-t-on ajouté. Le même avis est partagé par quelques enseignants de tamazight. «M. Djellaoui, plus connu sous son prénom de M’hamed, est intègre. Il n’a jamais lésiné sur les moyens en nous facilitant la tâche», dira une enseignante. Néanmoins, c’est la composante de cette académie qui a suscité des réactions, non seulement de la part des enseignants, mais aussi sur les réseaux sociaux. Djaffar Abdedou, ex-enseignant de langue amazighe et ex-membre du mouvement citoyen, qui s’est félicité de la nomination du professeur Djellaoui à la tête de l’académie, a estimé que ce dernier a toutes les compétences nécessaires pour pouvoir mener cette mission. «L’Académie doit avoir toutes les prérogatives, et ce, pour le bien de la langue», a-t-il estimé. Mhand Amarouche, militant de la cause amazighe et enseignant à l’université, a posté ce message sur sa page Facebook : La composante de l’Académie de tamazight est enfin connue. C’est bien.
Félicitation pour les membres. Nous sommes en droit de connaître le parcours des membres et leurs CV». Quels sont les critères sur lesquels ont été désignés les membres de ladite académie ? s’est- on interrogé. Plusieurs ont déploré l’absence de noms connus au niveau de cette académie, à l’image de Salem Chaker, Saïd Chemakh et d’autres.
Il faut noter que le professeur Djellaoui est titulaire d’une licence en langue arabe et d’un doctorat en tamazight. Sa thèse a porté sur l’œuvre poétique du chantre de la chanson kabyle Lounis Aït Menguellet. Tout comme il a enseigné la langue amazighe d’abord à l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, puis celle de Bouira. Il a occupé la fonction de chef du département de langue et culture amazighes au campus Mohand-Oulhadj de Bouira. Il a fait plusieurs voyages au Maroc (où officiellement, tamazight est transcrite en tifinag ndlr), il a participé à des colloques internationaux relatifs aux recherches sur la langue amazighe, a-t-on indiqué dans son entourage.<