Le campus universitaire d’Aboudaou, à Béjaïa, abrite depuis hier, une conférence internationale ayant pour thème «La dualité de la production de l’énergie électrique en Algérie : entre ressources fossiles et ressources renouvelables».

Cette manifestation scientifique dont les travaux se poursuivront aujourd’hui, a été organisée par la faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion de l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa, en collaboration avec le laboratoire «Economie et Développement» et le laboratoire de recherche en management et techniques quantitatives. Plusieurs chercheurs universitaires, des experts, des professionnels algériens et étrangers, des opérateurs économiques…, s’attèlent à «évaluer les coûts financiers, économiques et sociaux de l’exploitation des deux ressources énergétiques, fossiles et renouvelables, de façon séparée ou conjointe, afin de produire l’énergie électrique.» Les organisateurs de cette rencontre scientifique ont tenu à souligner d’emblée que l’Algérie ambitionne d’augmenter sa production énergétique qui, selon eux, devrait atteindre un volume de production record de 25 000 mégawatts à l’horizon 2025. D’où la nécessité d’investir dans le développement des énergies renouvelables, a-t-on soutenu. À noter que la problématique de la conférence a été déclinée en six grands axes, à savoir une «évaluation du besoin de consommation de l’électricité en Algérie ; le potentiel algérien en termes d’énergies fossiles et d’énergies renouvelables ; les techniques de production des énergies renouvelables ; la transition et le mix énergétique, et enfin, l’hybridation des systèmes de production de l’électricité : avantages et coûts». Intervenant, hier, dans le premier panel, consacré aux «enjeux pour l’Algérie à réussir sa transition énergétique, du fossile au renouvelable», l’économiste Mustpha Mékidèche, vice-président du Cnes, a eu à aborder le thème «A propos du diptype transition énergétique. Energies renouvelables ou gaz non conventionnel : une fausse alternative pour l’Algérie dans un cadre macroéconomique contraint (2018-2035). ».

Ne mâchant pas ses mots, le conférencier a plaidé pour «l’exploitation du gaz non conventionnel, le gaz de schiste en l’occurrence», affirmant que «c’est un fantasme que de penser que nous allons passer au renouvelable dans la conjoncture actuelle où le secteur énergétique est en recul». Pour lui, il n’y a pas que le problème de chute des cours des hydrocarbures, mais aussi celui des quantités produites qui connaît ces dernières années, un net recul. Par ailleurs, M. Mékidèche déplore que «la mise en œuvre du programme des énergies renouvelables, présenté en 2011, tarde à se concrétiser», ajoutant qu’« il y a eu une inertie flagrante ». C’est pour cela d’ailleurs, que le recours au gaz de schiste est incontournable, d’autant que les potentialités sont de 22 000 milliards de m3 alors que l’énergie fossile est de quelque 4 000 milliards de m3, a-t-il soutenu.