Des Eurodéputés ont exhorté la Commission européenne à veiller à ce que les échanges entre l’Union européenne (UE) et le Maroc en matière d’énergies renouvelables n’englobent pas l’énergie produite au Sahara occidental sur lequel la souveraineté du Maroc n’est pas reconnue par les Nations unies ni par l’UE et ses Etats membres.

Le 17 novembre dernier, le Maroc, l’Allemagne, la France, l’Espagne et le Portugal ont signé à Marrakech, en marge de la COP22, une déclaration commune les engageant à élaborer une feuille de route pour l’échange d’électricité renouvelable. « Cette déclaration porte sur le plan énergétique du Maroc, qui comprend des installations de production d’énergie à partir de sources renouvelables sur le territoire du Sahara occidental, sur lesquels la souveraineté du Maroc n’est pas reconnue par les Nations unies ni par l’UE et ses Etats membres », rappellent ces Eurodéputés. Dans ce cadre, ils ont invité l’exécutif européen à s’expliquer sur la procédure qu’il compte suivre pour s’assurer que ces échanges « se conforment à l’obligation de l’Union de respecter le droit international et les principes des Nations unies ».
Evoquant le lancement récent du paquet « Une énergie propre pour tous les Européens », les députés européens Florent Marcellesi, Josep-Maria Terricabras et Jill Evans ont exhorté la Commission à fournir des explications sur ses intentions pour « tenir compte des considérations, notamment en ce qui concerne la traçabilité et la responsabilité en matière de commerce de l’énergie avec les pays tiers ».
Pour rappel, dans une lettre, datée du 18 novembre, 52 Eurodéputés, représentant presque tous les groupes politiques siégeant au Parlement européen, ont exigé que les Etats membres de l’UE fournissent des informations aux entreprises qui souhaitent investir dans les activités du gouvernement marocain au Sahara occidental en leur expliquant que ces activités sont contraires au droit international.
Ils ont exigé également de l’UE de garantir que les importations énergétiques en provenance du Maroc ne comprennent pas l’énergie produite au Sahara occidental et que ses institutions respectent l’engagement de l’UE de ne pas allouer de fonds pour des centrales d’énergie renouvelable dans le Sahara occidental. Dans cette lettre adressée au vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, au commissaire européen en charge du Climat et de l’Energie, Miguel Arias Canete, et au Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, les parlementaires européens ont exhorté ce dernier à s’assurer du respect des résolutions des Nations unies concernant l’exploitation des ressources naturelles dans un territoire non autonome. Dans un rapport exhaustif publié début novembre, l’organisation Western Sahara Ressource Watch (WSRW) indique que le Maroc projette de construire des centrales à énergie renouvelable au Sahara occidental pour plus de 1 000 MW. Selon cette ONG, en 2020, plus d’un quart de toute la production d’énergie verte du Maroc serait située dans le territoire qu’il maintient sous occupation. Il y a lieu de souligner que le 21 décembre dernier, la Cour de justice de l’UE (CJUE) a conclu que les accords d’association et de libéralisation conclus entre l’UE et le Maroc ne sont pas applicables au Sahara occidental, soulignant le statut séparé et distinct garanti au territoire en vertu de la charte des Nations unies et du principe d’autodétermination des peuples, nonobstant, « le Maroc continue de piller les ressources halieutiques sahraouies », s’est indigné Hamdi Khalil Mayara, ministre sahraoui chargé de l’Afrique.