Les travaux du 2e Sommet des pays du sud de l’Europe se sont ouverts, hier à Lisbonne, avec pour objectif de trouver dans un cadre informel des positions communes en prélude des prochains sommets européens , réfléchir notamment à l’avenir de l’UE sans le Royaume-Uni, et jeter les bases d’un nouveau projet européen.


Les dirigeants de l’UE devraient se pencher entres autres sur la sécurité et la défense, la crise des réfugiés et l’immigration illégale. Les Européens redoutent, en effet, d’être confrontés au printemps à un afflux « sans précédent » de migrants sur les côtes italiennes, a averti à la mi-janvier le Premier ministre maltais, Joseph Muscat. Dans ce cadre, les dirigeants européens doivent favoriser un « partage du fardeau plus juste » entre les pays de l’UE par rapport à l’accueil des réfugiés.
Quant au PM portugais, il compte souligner la nécessité d’une réforme urgente de l’euro contre le protectionnisme et le populisme, en allusion à Donald Trump, nouveau locataire de la Maison-Blanche qui s’est félicité du Brexit qu’il a qualifié de « chose merveilleuse ». D’ailleurs, face à la montée « du protectionnisme et du populisme », la zone euro a besoin urgemment de réformes pour « surmonter la crise économique, sociale et de légitimité politique, qui la fragilise », a souligné l’hôte de la réunion, le Premier ministre portugais Antonio Costa. Le PM va, par ailleurs, plaider pour un mécanisme supranational de stabilisation contre les chocs asymétriques et pour un Fonds monétaire européen pour la gestion des dettes souveraines.
En ce qui concerne la sécurité et la défense, les dirigeants des sept pays discuteront le renforcement des frontières extérieures et la sécurité intérieure au sein de l’UE, notamment contre la menace terroriste, mais sans remettre en cause la libre circulation des Européens dans l’espace Schengen. Le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni avait donné le ton dès vendredi, estimant que le thème de la croissance devait « être au centre » des politiques tout en appelant l’Europe à « la souplesse » dans l’application des règles budgétaires. Les travaux du sommet qui intervient quatre mois après une première édition à Athènes, devraient être sanctionnés par une déclaration commune portant notamment sur la relance de la croissance et de l’investissement en Europe. Le sommet qui exclue le reste des pays européens a suscité l’ire des allemands. La droite allemande avait taxé le sommet d’Athènes de réunion du « Club Med » susceptible de semer la discorde en Europe, les pays du sud assurent pour leur part vouloir lancer des pistes profitant à l’ensemble de l’UE. « Dans le nouveau contexte créé par le Brexit, il s’agit de réaffirmer la vitalité et l’unité de l’Europe », a expliqué à l’AFP une source gouvernementale portugaise. Pour la France aussi, il s’agit d’élaborer « des propositions pour toute l’Europe »et de « rassembler pour faire avancer le projet européen », indique une source diplomatique.
« La France est à la fois un pays du sud et du nord, elle crée des ponts entre les deux régions. Il n’y a aucune raison qu’elle cherche la confrontation avec l’Allemagne », fait valoir à l’AFP Guntram Wolff, directeur du centre de réflexion Bruegel.