Les chefs d’Etat de l’Union Africaine (UA) se rencontrent aujourd’hui à Addis-Abeba pour un sommet extraordinaire, durant lequel il sera question de valider ou rejeter les différentes réformes proposées par Paul Kagame, président en exercice de l’institution panafricaine.

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, prendra part à ce sommet en sa qualité de représentant du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. M. Kagame a été chargé en 2016, par l’UA, de réfléchir notamment à des moyens pour garantir l’autonomie financière de l’organisation panafricaine, dans le but de lui assurer sa souveraineté politique. Durant ce sommet de deux jours, les chefs d’Etat africains vont aborder la réforme du modèle de fonctionnement de l’organisation continentale et discuter du projet de réforme institutionnelle proposé par le président rwandais Kagame. Ce dernier a, entre autres, proposé de limiter le nombre de Sommets et de réduire la dépendance de l’UA à l’égard des donateurs étrangers. Il a aussi suggéré que l’Union circonscrive ses priorités à la sécurité, la politique et l’intégration économique. M. Kagame prône également la réduction du nombre de commissions au sein de l’instance africaine qu’il préside. Celles-ci sont au nombre de huit actuellement, et l’objectif et de les réduire à six en intégrant la commission des affaires politiques à celle de paix et sécurité, et la commission commerce et Industrie à celles des affaires économiques. Les commissions infrastructures et énergie, économie rurale et agriculture, affaires sociales,
développement humain, sciences et technologies resteront telles quelles, selon le projet. Un ensemble de propositions et réformes censées rendre l’UA indépendante financièrement, moins bureaucratique, plus efficace et efficiente seront donc soumises dans la capitale éthiopienne. Des propositions qui font d’ailleurs déjà l’objet de consensus au sein de l’UA. Sur un autre registre, les ambassadeurs du Maroc à l’UA auraient essayé de convaincre les dirigeants africains de réviser l’acte constitutif de l’Institution panafricaine dans l’objectif «d’exclure» la République sahraouie et de «légitimer» son occupation à l’un des membres fondateurs et permanents de l’UA, mais sans y parvenir, apprend-on de bonnes sources. Le ministre sahraoui délégué aux Affaires africaines, Hamdi Mayara Khalil, a en effet, affirmé que toutes les propositions formulées au sujet de la réforme institutionnelle de l’Union africaine (UA) ne portent pas atteinte aux principes fondamentaux de l’organisation panafricaine, ou à ses textes Constitutifs. Dans une déclaration à la presse en marge de la session extraordinaire du conseil exécutif de l’UA, tenue jeudi, le responsable sahraoui a précisé que toutes les propositions formulées sur la réforme institutionnelle de l’UA étaient à caractère « technique » et « ne porteront pas atteinte » à ses statuts. Il a indiqué dans ce contexte que les statuts de l’UA sont basés sur le droit des peuples à l’autodétermination et le respect des frontières héritées depuis la période coloniale ainsi que le non-recours à la force par un pays africain contre un pays voisin. Les réformes proposées et examinées à huis clos lors de la session portent, dans l’ensemble, sur l’aspect technique à l’instar de la révision des modalités d’élection du président et du vice-président de la Commission et la proposition de réduire le nombre de délégués de huit à cinq membres, a fait savoir l’intervenant.