Le roi du Maroc assistera fin janvier à Addis-Abeba au prochain sommet de l’Union africaine (UA) qui se tiendra à Adis Abeba, a indiqué, jeudi dernier en soirée, le chef du gouvernement marocain désigné Abdelilah Benkirane. « Le roi ira à Addis-Abeba pour défendre l’entrée du Maroc à l’Union africaine », a déclaré à la presse M. Benkirane.
Mohammed VI, qui avait l’intention de prononcer un mot à l’ouverture du sommet de l’UA à Kigali en juillet dernier, a annulé à la dernière minute son déplacement en apprenant le refus catégorique du président en exercice de l’UA, le Tchadien Idriss Deby Itno, que le roi marocain enfreigne les règlements et l’acte constitutif de l’UA. Mohammed VI a voulu se déplacer pour annoncer sa volonté d’adhérer à l’UA qu’il avait quittée en 1984 pour protester contre l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à cette organisation panafricaine.
Depuis, le royaume chérifien mène une vaste offensive diplomatique pour baliser le terrain à ce retour, et le roi Mohammed VI a enchaîné les tournées diplomatiques en Afrique, notamment au Rwanda, en Tanzanie, au Gabon, au Sénégal, en Ethiopie ou encore à Madagascar. Récemment, le président de la RASD et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali qui poursuit lui aussi une intense campagne diplomatique, a entamé pour sa part une tournée en Afrique qu’il a commencée par l’Afrique du Sud et la Zambie : « Des visites couronnées de succès », affirment des sources diplomatiques sahraouies. L’adhésion du Maroc à l’UA doit être validée par un vote des Etats membres à la majorité des deux tiers, soit 36 pays. En préalable à cette adhésion, les deux chambres du Parlement marocain doivent par ailleurs ratifier l’acte constitutif de l’organisation panafricaine. Le Conseil des ministres marocain présidé par le roi a adopté l’Acte constitutif de l’UA, signé le 11 juillet 2000 à Lomé au Togo. La Chambre des représentants est appelée également à tenir une session pour l’examen de l’Acte constitutif, et ce, sans attendre la formation du nouveau gouvernement vu que Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement marocain, a annoncé la fin des discussions en cours pour la formation d’un nouveau gouvernement avec le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Mouvement populaire (MP).