Les préparatifs au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine ont démarré hier à Addis-Abeba. Les travaux ont été lancés par le Conseil exécutif de l’Union qui tient depuis hier sa 30e session ordinaire en prélude au grand rendez-vous des 30 et 31 janvier prochains.

L’Algérie y est présente par une forte délégation conduite par Ramtane Lamamra, le ministre d’Etat et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, grand connaisseur également des arcanes de l’UA pour avoir occupé entre autres le poste de Commissaire pour la paix et la sécurité. A l’ouverture des travaux du Conseil exécutif, le ministre tchadien des Affaires étrangères, président du Conseil exécutif de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a indiqué que cette 30e session se tient à un moment particulier «de la marche de notre organisation commune qui attend de se voir se doter d’un nouvel exécutif». L’actuelle session sera aussi marquée par l’examen des propositions de réforme de l’organisation panafricaine, a-t-il dit, soulignant que l’élection d’un nouvel exécutif et la réforme de l’Union «seront sans nul doute déterminants dans le fonctionnement» de l’organisation. En effet, les pays membres de l’Union panafricaine s’apprêtent à élire un nouveau président de la Commission exécutive dirigée actuellement par la Sud-Africaine Nkosazana Dhlamini Zuma dont le mandat est arrivé à expiration. Cinq candidats représentant le Sénégal, le Kenya, le Bostwana, la Guinée équatoriale et le Tchad sont en lice pour ce poste. Ils s’affrontent dans un contexte marqué cette fois par le retour annoncé du Maroc dans le giron panafricain et les batailles qu’il devrait générer autour de la question sahraouie. Un dossier qui devrait désormais marquer l’agenda panafricain ainsi que les jeux de coulisses qu’il aura à provoquer sachant que Rabat attend davantage de voix africaines à sa thèse d’autonomie du Sahara occidental dans le cadre de la souveraineté marocaine alors que les indépendantistes sahraouis, forts des textes fondamentaux de l’UA, en particulier depuis l’acte constitutif de Lomé de juillet 2000, y voient une occasion pour mieux défendre la thèse de la décolonisation. Hier, le secrétaire exécutif par intérim de la commission économique de l’Onu pour l’Afrique (UNECA), Abdalla Hamdok, a, pour sa part, mis en avant l’importance du thème du sommet africain : «Tirer pleinement parti du dividende démographique en investissant dans la jeunesse». L’Afrique est appelée à encourager le commerce interafricain et développer la chaîne de valeur régionale au moment où le partenariat mondial «est devenu sélectif», a dit par ailleurs le responsable onusien, appelant à investir dans les jeunes, en les plaçant au cœur des politiques de développement. Le Conseil exécutif de l’UA examinera trois jours durant les différentes questions stratégiques inscrites à l’ordre du jour du 28ème sommet africain, notamment les questions de l’intégration économique, la paix et la sécurité dans le continent.