Afin de ne pas se retrouver isolée sur ce dossier caractérisé par l’intervention d’un grand nombre d’acteurs régionaux et internationaux, l’Union africaine a chargé son Comité de haut niveau pour tenir une réunion à Brazzaville (République du Congo) pour faire le point sur la situation et tenter de pousser plus loin le processus de négociation entre les parties libyennes en conflit.

Cinq pays membres du Comité de haut niveau ainsi que ceux du voisinage de la Libye prennent part à cette réunion. L’Algérie y est représentée par son Premier ministre, Abdelmalek Sellal, accompagné par le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel. On ignore pour l’instant l’ordre du jour précis de ce Haut comité, mais on peut supposer sans risque qu’il s’agit d’accélérer le processus de rapprochement entre le Gouvernement d’uinion nationale ; le GNA de Fayez al-Sarraj à Tripoli, et le Parlement de Tobrouk derrière lequel se cache le maréchal Haftar, l’homme fort de la Cyrénaïque.
Le Comité de Haut niveau devrait se pencher sur « l’évolution du dossier libyen et sur les voies et moyens susceptibles de parvenir à une solution rapide et consensuelle à ce conflit », a-t-il été précisé. Cela peu après que l’Egypte eut déclaré le 24 janvier que sa diplomatie allait œuvrer à la programmation de contacts directs entre MM. Sarraj et Haftar au Caire. Une initiative saluée par l’Algérie pour qui l’urgence en Libye « est d’aller vers des institutions fortes à leur tête une armée et un gouvernement d’union nationale pour notamment combattre le terrorisme et le crime organisé ». Abdelkader Messahel a précisé dans ce sens que la position de l’Algérie est en faveur d’un règlement de la crise libyenne basé sur le « respect de la souveraineté de la Libye, la non-ingérence dans ses affaires internes et le dialogue interlibyen ».
La solution politique à cette crise, a ajouté le ministre algérien, « ne doit pas être imposée mais doit émaner des Libyens eux-mêmes dans le cadre d’un dialogue impliquant toutes les parties libyennes concernées ». Une position partagée par Jonathan Winer, l’ancien envoyé spécial américain pour la Libye. Pour M. Winer, la formation d’un gouvernement inclusif en Libye, réunissant toutes les parties libyennes sans exception est la seule solution possible en mesure d’éviter la « polarisation » du conflit dans ce pays. Ce dernier indique qu’un gouvernement inclusif escompté doit nécessairement inclure la partie représentée par le maréchal Haftar mais il doit être « sous contrôle civil » et « élargi également à toutes les factions libyennes.