Des sites marocains relaient, depuis quelques jours, une campagne insidieuse contre l’Algérie à quelques jours du Sommet de l’Union africaine, qui devrait aborder à Addis-Abeba d’importants dossiers du continent, dont la question de décolonisation du Sahara occidental.

Par Hichem L.
Des sites, connus pour leur hostilité à l’Algérie et à sa position concernant la cause
sahraouie, mènent une attaque médiatique féroce visant le chef de la Commission paix et sécurité de l’UA, l’Algérien Smaïl Chergui. Leur but est de fragiliser le CPS en prévision du Sommet qui devrait être l’occasion du passage de la présidence panafricaine de l’Egypte à l’Afrique du Sud. Au-delà de l’organe décisionnel de l’UA, c’est toute l’organisation panafricaine que ces médias, proches du Palais royal à Rabat, tentent de fragiliser par sa politique de fait accompli, alors que les mesures unilatérales du Maroc, qu’il s’agisse de l’ouverture de consulats à Laayoune et à Dakhla ou de l’annexion des eaux du Sahara Occidental, constituent bel et bien une violation des actes constitutifs de l’UA et du droit international. Au Maroc même, les observateurs s’interrogent sur cette frénésie sans sens, pour des consulats fantômes au Sahara Occidental, indique une source sahraouie. Il va sans dire, selon la même source, que le « Maroc s’adjuge les voix de quelques pays africains au prix de millions d’euros, issus de blanchiment d’argent sale et dépensés dans le cadre d’une diplomatie commerciale qui transforme le Maroc en tremplin pour le redéploiement des puissances étrangères en Afrique ». D’après cette source, Rabat s’affole au moment où la présidence tournante de l’UA en 2020 devrait revenir au Sud-Africain Cyril Ramaphosa, appelé à assurer également les commandes de la Troika sur le Sahara Occidental, instituée lors du Sommet de Nouakchott en juillet 2018. Au demeurant, les attaques visant le chef du CPS ne sont pas nouvelles et s’inscrivent dans le cadre d’une campagne permanente du Maroc et ses relais médiatiques étrangers, y compris israéliens, pour déstabiliser ce panafricaniste dont les réalisations en matière de consolidation de la paix dans le continent dérangent au plus haut niveau au Maroc. Rien d’étonnant à cela, les auteurs sont connus pour être les porte-voix des services de renseignements marocains et même israéliens, à l’instar de Farid Mnebhi, un anti-Algérien qui ne cache pas sa collaboration avec Israël Flash quand il s’agit de l’Algérie. Il y a lieu de souligner que la vision du chef du CPS du règlement de la crise sécuritaire à laquelle est confronté le continent, en particulier la région du Sahel, contrarie les objectifs d’un membre influent du Conseil de sécurité, allié du Maroc. Chergui plaide pour une implication plus grande des Africains dans la résolution des conflits, soulignant que les droits d’auteur pour la force conjointe, G5 Sahel, reviennent aux cinq pays contributeurs et non pas à ce membre qui veut être promoteur de cette initiative. Encouragé par le succès de sa récente médiation en Centrafrique, le chef du CPS travaille d’arrache-pied pour que l’Union africaine reprenne le dossier libyen et appuie une solution politique inclusive en Libye. Le CPS prévoit déjà une réunion au sommet début février pour examiner la situation en Libye et ses répercussions sur la région du Sahel. En reconnaissance de son engagement inflexible pour le seul agenda africain, le commissaire Chergui a été décoré en décembre par le président malien Ibrahim Boubacar Keita. Il a été élevé à la dignité de Commandeur de l’Ordre national du Mali à titre étranger pour service rendu au Mali et au continent africain. C’est aussi dans le cadre de ses efforts pour la consolidation de la paix qu’il a lancé le réseau panafricain des femmes africaines dans la prévention et la médiation des conflits (Fem-Wise-Africa). A ce jour, c’est plus de 200 femmes qui ont été déployées comme médiatrices dans des régions d’Afrique, dont Juba et Khartoum. n